Français

Mali: la Cédéao favorable à une force de 3 300 soldats pour un an

الشروق أونلاين
  • 1276
  • 0

Des dirigeants africains réunis dimanche à Abuja se sont prononcés en faveur de l’envoi au Mali d’une force de “3 300 soldats”, “pour une durée d’un an”, afin de reconquérir le nord du pays occupé par des groupes islamistes armés, a déclaré le président ivoirien Alassane Ouattara.

“Nous prévoyons 3 300 soldats pour une durée d’un an”, a dit Alassane Ouattara aux journalistes, à l’issue du sommet ayant réuni des dirigeants des 15 pays membres de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) et de quelques autres pays africains, dans la capitale nigériane. Ces soldats proviendraient prioritairement des pays membres de la Cédéao, mais pourraient également être fournis par d’autres États non membres, a-t-il dit. “Nous avons des pays qui offrent des bataillons, d’autres des compagnies. […] Il y a, bien sûr, le Nigeria, le Sénégal, le Niger, le Burkina Faso, nous avons également des pays comme le Ghana […], le Togo”, a-t-il dit, citant des pays membres de la Cédéao. Alassane Ouattara a également mentionné d’autres pays non membres : “Le Tchad, également, pourrait participer” et “nous avons eu des contacts avec d’autres pays : la Mauritanie, l’Afrique du Sud”, a-t-il dit.

Financement

Le Mali s’était résolu, le 24 septembre, devant l’ONU, à demander une intervention militaire de la Cédéao pour l’aider à reconquérir le Nord, passé sous le contrôle des islamistes d’al-Qaida au Maghreb islamique et d’autres groupes armés. Le chef de l’État ivoirien, président en exercice de la Cédéao, a dit espérer que le Conseil de sécurité des Nations unies donnerait son feu vert à une intervention internationale fin novembre ou début décembre.

Dans son discours de clôture du sommet, Alassane Ouattara avait auparavant déclaré : “Nous nous sommes entendus notamment sur la composition de la force, les termes de référence de ses missions, le volume de son effectif, la durée de son mandat et les modalités du déploiement des troupes. Il n’y a désormais plus d’équivoque sur la question.” Interrogé ensuite par la presse sur le financement de cette force, Alassane Ouattara a notamment répondu : “Une fois que le Conseil de sécurité aura validé tous ces dispositifs, la question du financement relèvera plutôt des Nations unies, et donc les tours de table vont se faire comme d’habitude.” “Ce sont les Nations unies qui organiseront à ce moment-là le soutien financier et prendront en charge toute la logistique […], bien sûr avec le soutien de la Cedeao et de l’Union africaine”, a-t-il affirmé.

Vers une mission européenne d’entraînement

Alassane Ouattara a évoqué “une volonté commune de donner une chance à la paix par le dialogue”, cinq jours après que le groupe Ansar Dine (Défenseurs de l’islam) a solennellement affirmé à Ouagadougou qu’il rejetait “toute forme d’extrémisme et de terrorisme” et appelait à la négociation avec Bamako. “Notre commune volonté de donner une chance à la paix par le dialogue avec les groupes rebelles dans le respect de la souveraineté, de l’unité, de la laïcité, de l’intégrité territoriale du pays, nous offrira des scénarios différenciés dans le traitement de la riposte à prévoir dans le cadre de la pacification du nord du Mali”, a dit Alassane Ouattara dans son discours. Au cours d’une brève conférence de presse, Alassane Ouattara a déclaré que les dirigeants africains avaient “parlé de la formation de 5 000 personnes au Mali”.

Concernant le soutien à l’armée malienne, des ministres de cinq pays européens – France, Allemagne, Italie, Pologne et Espagne – doivent se réunir jeudi à Paris pour discuter de la mise sur pied d’une mission européenne d’entraînement qui compterait au moins 200 soldats. Par ailleurs, Alassane Ouattara a évoqué l’hypothèse d’élections “au deuxième semestre 2013” au Mali, actuellement dirigé par des autorités de transition. Le coup d’État militaire du 22 mars avait renversé le président Amadou Toumani Touré, et l’ancien président de l’Assemblée nationale, Dioncounda Traoré, avait été investi en avril “président par intérim”.

مقالات ذات صلة