Mehdi Serbah: 30 millions d’habitants et pas d’équipe nationale valable
Dans ce premier entretien depuis son départ au Qatar il y a quatre ans, l’ex-entraîneur des gardiens de but de l’équipe nationale et star des années quatre-vingts, Mehdi Serbah évoque plusieurs questions qui ont trait à son expérience et s’exprime sur des affaires qui ont récemment marqué la scène footballistique.
- Mehdi Serbah en 4ème saison du championnat qatari
Je pense que nous ne sentons pas les années défiler. J’en suis à ma 4ème saison au Qatar, actuellement avec le club leader d’Al-Sadd, qui a remporté jusque là 55 championnats
Si nous parlions de l’équipe nationale qui va affronter le Libéria
L’équipe nationale peut se qualifier au prochain tour étant donné que le Libéria n’a rien à perdre après son élimination d’office, même si son entraîneur est à la recherche d’une victoire suite au renouvellement de son contrat. Ce qui est en tout cas sûr, c’est que nous avons besoin d’une sélection forte qui peut directement se qualifier et éviter des calculs compliqués avec des petites équipes
? Insinueriez-vous que notre équipe nationale n’est pas au niveau
Hélas, nous ne possédons pas une équipe forte qui puisse répondre aux attentes du public algérien. J’estime que la composante est faible puisque nos joueurs professionnels n’évoluent que dans des clubs modestes comparés aux grandes formations. Je m’étonne également qu’on compte entièrement sur des joueurs qui n’évoluent pas en championnat national. L’absence d’une vraie formation engendre de piètres joueurs, non qualifiés par conséquent pour faire partie de l’EN. Cependant je peux vous assurer que n’importe quel joueur en championnat national est capable de jouer dans le Golfe
Avant le match face au Sénégal, Saadane avait exprimé son vœu de partir
Je ne suis pas très au courant de cette affaire, mais s’il l’a dit, il a commis une erreur même s’il est seul à connaître les raisons. Il existe peut-être des difficultés mais l’essentiel chez un entraîneur c’est d’avoir une forte personnalité et de refuser que des noms lui soient imposés
?Si l’on vous demandait de revenir à l’EN
J’aime beaucoup mon pays, mais il me serait difficile de revenir en ce moment car un contrat me lie au club d’Al-Sadd. Qui sait ? Je reviendrai peut-être car je suis fatigué de travailler en dehors de l’Algérie que j’ai été contraint de quitter
?On vous a obligé à partir
Nous avons été contraints, nous les anciens joueurs à quitter l’Algérie par notre marginalisation
?Quelle serait la solution à la crise du football algérien
Le mal et le remède sont connus. Il manque une décision politique pour résoudre la crise du sport avec la nécessité de revenir à la politique de formation. Je suis surpris qu’un championnat national peine à fournir cinq éléments principaux à la sélection nationale. Nous avons pu engendrer 30 millions d’habitants et échoué à produire 11 joueurs de haut niveau. Le problème est très profond en Algérie et implique un règlement radical en éloignant les responsables qui n’ont rien à voir avec le football
?Que pensez-vous de l’affaire du RC Kouba
Je suis d’avis que la FAF a dérapé car le RCK n’a pas commis d’erreur et si le joueur a falsifié des documents, l’affaire devient individuelle et n’a aucun lien avec l’équipe. Il aurait fallu un traitement interne de l’affaire sans arriver au tribunal international