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Mohamed Mechati raconte les préparatifs du déclenchement de la guerre de Libération

الشروق أونلاين
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Le déclenchement de la guerre de Libération était le thème “principal et unique” retenu “à l’unanimité” lors de la réunion historique du groupe des 22 en juin 1954 à Alger, a affirmé Mohamed Mechati.

Les participants à la réunion historique du groupe des 22 en juin 1954 à Alger ont accepté “à l’unanimité et avec enthousiasme” le passage à la lutte armée, convaincus que c’était le seul moyen de se libérer du joug colonial, a indiqué Mechati, qui est un des cinq membres encore en vie qui ont pris part à cette réunion aux côtés de Belouizdad Othmane, Zoubir Bouadjadj, Ammar Ben Ouda et Abdelkader Lamoudi.

Dans une interview à l’APS, Mechati a évoqué la constitution d’un petit noyau de cinq personnes (Mohamed Boudiaf, Didouche Mourad, Larbi Ben M’hidi, Mostéfa Benboulaid et Rabah Bitat) chargé des derniers préparatifs de la révolution, et dont les membres ont tenu avec Krim Belkacem, à la fin octobre à Alger, une autre réunion qui fut couronnée par la décision de déclencher la révolution le 1er novembre et la désignation de la majorité des responsables des différentes régions du pays.

Au terme de cette réunion, Mostéfa Benboulaïd a été chargé de rencontrer Messali El Hadj pour le convaincre de se regrouper sous une seule autorité contre le colonisateur, idée que ce dernier “a catégoriquement rejetée”, arguant : “C’est moi qui déclencherai la Révolution” et jugeant que “le moment n’était pas opportun” pour le faire, raconte Mohamed Mechati.

Le début de l’action armée remonte, se rappelle-t-il, à 1947, date où le Mouvement pour le triomphe des libertés démocratiques (MTLD) a décidé de créer une organisation spéciale paramilitaire (OS), sur une décision du congrès du parti. Mechati adhère à cette organisation à la fin de la même année, avant d’être désigné en 1949 dirigeant de la région centre (capitale) à l’organisation, chargé de préparer les militants à effectuer des opérations armées contre les patrouilles militaires coloniales.

Ses déplacements entre les différentes régions relevant de son commandement, de Boudouaou à Thenia et de Birkhadem à Ksar El Boukhari et Chellala s’avéraient, par la suite, de plus en plus dangereux, eu égard aux conditions sécuritaires marquées par une vague de persécutions et d’arrestations.

Après la dissolution de l’OS, Mechati a été transféré vers Oran pour y renforcer l’action politique.

Il revient sur certains aspects de discorde qui ont marqué alors la lutte pour la cause nationale, la région étant affectée par ce qu’on appelait “la crise berbère”.

A cet effet, il a proposé la constitution d’une assemblée générale des militants du parti et de ses responsables locaux au cours de laquelle il a souligné que “la lutte pour la libération est l’avenir commun de tous et partant l’union est vitale. La politique de discorde est un outil utilisé par le colonisateur pour dominer l’Algérie et les Algériens qu’il faut éviter”.

Les différends se sont ravivés avant d’atteindre leur pic en avril 1953 lors du 2ème congrès du parti, où l’OS était représentée par Abdelmalek Ramdane, choisi par Boudiaf et Ben M’hidi, car étant le “plus qualifié” et le “moins connu” par la police à Alger.

Lors du congrès les différends ont éclaté entre les membres du comité central et Messali el Hadj qui voulait “présider le parti à vie avec de larges pouvoirs et prérogatives”, allant jusqu’à les accuser de “déviation de la voie de la révolution”, alors qu’eux l’accusaient de “mégalomanie et d’incompétence”.

La discorde qui marquait la direction s’est vite fait sentir au niveau de la base où la majorité des cadres du parti ont soutenu le comité central sous la direction de Hocine Lahouel, alors que le base populaire s’est réunie autour de Messali el Hadj qui jouissait d’un grande popularité depuis l’Etoile nord-africaine (ENA).

Pour remédier à cette situation, Hocine Lahouel a appelé Boudiaf qui activait en France auprès de la communauté algérienne, pour relancer l’OS et faire renaître l’espoir du passage à l’action armée “avec ou sans Messali el Hadj”, et c’est exactement se qui s’est passé en mars avec la création du Comité révolutionnaire pour l’unité et l’action (CRUA).

“Nous étions une nouvelle génération impatiente de passer à l’action et déterminée à lutter malgré tout, à la faveur d’une action où se mêlait désespoir et défi”, a-t-il résumé la volonté qui motivait les militants pour passer à la lutte armée et arracher l’indépendance après avoir constaté l’inefficacité de l’action politique.

Le Moudjahid a, par ailleurs, appelé la génération de la révolution à témoigner des faits et des vérités vécus durant la guerre de libération nationale, qui est la fierté du peuple algérien, afin d’assurer une écriture fidèle de notre histoire au profit de la nouvelle génération.

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