Mustapha Chérif: «Pour affronter Israël, il faut influer sur l’Occident»
L’académicien et auteur de l’ouvrage «Rencontre avec le Pape», Mustapha Chérif, met la lumière lors de cet entretien qu’il nous a accordé sur la situation qui prévaut dans la bande de Ghaza et dans les territoires occupés et propose quelques mécanismes à mettre en place pour lutter contre les sionistes.
Quel regard portez-vous sur l’agression sioniste contre la bande de Ghaza ?
Nous sommes aujourd’hui face à des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité, et nous voyons que l’opinion publique internationale est bien consciente bien qu’elle est muselée. Tous les peuples savent que Israël est coupable d’agression contre le peuple palestinien d’où il nous appartient de savoir comment communiquer avec l’opinion publique internationale sachant que le fait d’attirer l’opinion publique internationale est synonyme de victoire.
Vous voulez dire la guerre médiatique ?
Effectivement ! C’est aussi une guerre médiatique, dont nous sommes concernés par ce qui se passe en Palestine car nous avons un destin commun. La situation en Palestine n’est pas isolée mais liée étroitement à la mauvaise situation qui prévaut dans le monde arabe et dans le monde entier qui vit un recul en matière de démocratie. En vérité, il nous incombe de réfléchir loin des sentiments et de la subjectivité comment faire face à ce nouveau danger, comme il nous faut faire une autoanalyse pour rectifier nos insuffisances et convaincre d’autres que la question palestinienne est juste.
Quels sont les mécanismes disponibles pour faire face à cette situation ?
Le moindre geste à faire c’est de boycotter l’Etat sioniste et expliquer à l’Occident que la résistance est légitime et que la question palestinienne est une question politique et de droit d’un peuple qui cherche à libérer ses territoires occupés. Cela intervient dans un contexte marqué par une situation particulière à l’Occident qui est confronté à une profonde crise économique. Toutefois, il faut l’avouer que nous sonnes dans le besoin de trouver des alliés occidentaux à travers des associations et l’élite consciente.
Comment évaluez-vous la position algérienne et égyptienne, vous qui avez occupé le poste d’ambassadeur d’Algérie en Égypte ?
Les deux positions sont diamétrales et l’Algérie soutient avec force la Palestine et ne l’a jamais lâchée.
Pardon, je parle de la position officielle ?
L’Algérie assure un soutien inconditionnel à la Palestine et la diplomatie algérienne a été respectée de tous depuis l’Indépendance à ce jour. Ce qui importe pour moi c’est bel et bien la position de la nation qui est honorable et claire et l’Algérie est aux côtés de la Palestine. A nos yeux, la question palestinienne est question décisive et fondamentale, voire une question algérienne. De l’autre côté, il y a un silence arabe, onusien et international.