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Najet Ghaouti, écrivaine algérienne, française de coeur, menacée d'expulsion

الشروق أونلاين
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Algérienne de nationalité, l'écrivaine Najet Ghaouti se dit française de coeur: celle qui fut en 2005 la benjamine de la rentrée littéraire est devenue une étrangère en situation illégale en février 2008 et espère sa régularisation après son audience au tribunal le 2 juillet.   Elle a publié un roman “Nour” chez l’éditeur Jean-Claude Lattès en 2005, à  20 ans, et en a un autre en préparation chez Plon, pour une sortie prévue en  2009. Cette jeune femme a la plume heureuse en France, mais une situation  administrative délicate.  En octobre 2007, lorsqu’elle se rend comme chaque année et pour la cinquième fois à la préfecture pour faire renouveler son titre de séjour  d’étudiante, elle ne repart pas avec le sésame mais avec la promesse d’une  lettre.  “Le courrier tant attendu est arrivé le 28 février 2008, c’était une  invitation à quitter le territoire”, raconte à l’AFP la jeune femme.  Son erreur: ne pas avoir validé son diplôme de cinéma, à la faculté de  Paris I, deux années de suite. “Je ne me place pas en victime, j’ai commis une  bourde”, reconnaît-elle franchement.   “Mais si je n’ai effectivement pas rendu les articles de recherche pour mon  master, je n’ai pas +rien fait+: j’avais la promotion de mon livre, j’ai été assistante sur des plateaux de tournage au cinéma et au théâtre”,  argumente-t-elle. Et pour boucler son budget, elle donnait à domicile “des  cours de français, pour l’ironie de l’histoire”.    Elle est depuis la rentrée 2007 élève au Cours Florent, école renommée de  formation des comédiens, espère bien y faire une scolarité complète (trois  ans). Et prépare, lors de ses nuits d’insomniaque, son deuxième roman  “L’attente”.  L’audience devant le tribunal administratif de Paris, mercredi, sera brève.  “C’est une procédure écrite, et j’ai rarement eu un dossier avec autant de  soutiens, c’est inédit”, souligne son avocat, Pierre-Paul Saulou.  Pour Me Saulou, le courrier de professeurs de fac et de son futur éditeur,  les attestations des metteurs en scène avec qui elle a travaillé, des concours  qu’elle a passés “prouvent son sérieux et surtout que ses activités étaient de  même nature que ses études à Paris I”. “Ce serait dommage de se priver d’un auteur qui peut beaucoup pour les  lettres en France, elle a vraiment une voix, un talent”, confie à l’AFP Denis  Bouchain, éditeur chez Plon. “Son approche du français fait avancer la langue,  elle la change, la modernise, la développe”, ajoute-t-il.  Née en Algérie, élevée au Maroc et arrivée à 17 ans à Paris, Najet Ghaouti  se sent “clairement française”: “pour moi, la France et le français, c’est la  même chose, j’ai trouvé mon élément ici, ailleurs, je suis une étrangère”.  Elle ne s’imagine pas de l’autre côté de la Méditerranée. “Ce n’est pas  vrai que je peux faire la même chose là-bas, mon livre ne s’y est pas vendu du  tout!”, relève-t-elle. “Je me suis affranchie d’un certain nombre de tabous,  c’est cette liberté que je risque de perdre”, conclut-elle.

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