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Pourquoi Hamrouche maintient-il le silence?

الشروق أونلاين
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D.R
Mouloud Hamrouche, ancien chef de gouvernement

La mort du grand moudjahid Hocine Aït Ahmed aurait poussé des politiques et militaires à briser le silence.

Nombreux sont ceux qui ont affirmé que le général à la retraite, Khaled Nezzar aurait proposé au défunt Hocine Aït Ahmed le poste du président du Haut Comité d’Etat (HCE), et d’autres l’ont infirmé.

Le général à la retraite, Khaled Nezzar s’est vu contrait non seulement de rompre le silence et démentir l’information, mais aussi d’accuser l’ancien chef de gouvernement, Mouloud  Hamrouche d’avoir ordonné d’ouvrir le feu sur les manifestants du « FIS-dissous ».

Si ce dernier, pointé du doigt, avait décidé de ne pas lui répliquer, l’ancien directeur du service de renseignements, Mohamed Betchine aurait, quant à lui, pris sa défense en accusant Nezzar.

A 79 ans, l’ancien ministre de la défense nationale, Khaled Nezzar est revenu à travers un long entretien accordé au journal Echorouk sur ses mémoires qu’il a publiées depuis quelques années.

Mohamed Betchine, 90 ans, lui, préfère se donner le temps nécessaire pour rédiger ses mémoires « prévues prochainement ». Le général à la retraite réfute les accusations portées contre lui selon lesquelles il serait à l’origine des tortures infligées aux manifestants lors des événements d’octobre 1988, comme il est revenu sur ceux qui ont donné des instructions de tirer sur les manifestants, ce qui a plongé le pays, deux décennies durant, dans un bain de sang.

Mouloud Hamrouche, considéré comme un homme clé, à une certaine période cruciale qu’a traversée le pays, semble détenir de nombreux secrets. Lui qui, faut-il le rappeler, a pris la présidence du gouvernement dix mois après les événements d’octobre 1988. Le chef de file des réformateurs constituait à cette époque le trait d’union entre l’institution militaire, en sa qualité d’ancien militaire à l’époque de Boumediène, et les partis politiques présidés par Abassi Madani, Ben Bella, Aït Ahmed, Saïd Saadi, Louisa Hanoune et Noureddine Boukrouh.

Celui que l’on définit de chef de file des réformateurs, a succédé à l’ancien homme fort du système, Kasdi Merbah, à la tête du gouvernement avant de céder son poste, l’été 1991, à Sid-Ahmed Ghozali.

Si l’homme décide un jour de sortir de son silence, il aura beaucoup de choses à révéler tant sur les trois présidents de la République, Boumediène, Chadli et Boudiaf que sur les trois généraux toujours en vie, en l’occurrence Toufik, Nezzar et Betchine.

Le titulaire d’un magistère en sciences politiques (1970), qui ne s’est pas retiré définitivement de la scène politique, continue de donner des conférences de presse dans les différentes villes du pays. L’homme serait même pressenti pour occuper un important poste. 

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