Procès Khalifa: témoignage de Mohamed Djellab
Mohamed Djellab a été auditionné, ce dimanche 24 mai, au tribunal de Blida dans l’affaire Khalifa en sa qualité d’ex-administrateur de Khalifa Bank.
Le premier témoin appelé à la barre est Mohamed Djellab, administrateur d’El Khalifa Bank, nommé par la commission bancaire le 2 mars 2003. Il revient sur sa mission, surtout sur la situation dans laquelle il a trouvé El Khalifa Bank. «Ma première mission était de gérer la banque et d’essayer de la remettre sur rails, parce qu’au départ, l’intention de la mettre en liquidation n’était pas à l’ordre du jour», dit-il.
« Si la banque n’a jamais connu une situation de cessation de paiement ou d’incident de paiement, elle connaissait, cependant, de grandes difficultés, notamment, des anomalies dans son fonctionnement », a précisé M. Djellab .
Ces dépassements et dysfonctionnements ont été indiqués dans les dix rapports réalisés par la Banque d’Algérie avant l’arrivée de Djellab à Khalifa Bank. « Entre deux inspections, les anomalies soulignées n’étaient non seulement pas palliées, mais encore, elles s’aggravaient et prenaient de l’ampleur », a-t-il ajouté.
A la question du juge « Que proposez-vous en tant qu’expert ? que les capitaux lui soient rendus ou qu’il y ait liquidation ? » Djellab a répondu « Tout dépend des actionnaires, s’ils sont capables ou pas, il faut qu’il y ait certains facteurs pour que le gouvernement intervienne ».
«A mon arrivée en mars 2003, j’ai constaté un très grand déséquilibre au sein de la Banque Khalifa», dira au juge Mohamed Djellab, tout en montrant son étonnement quant à la manière par laquelle les crédits étaient octroyés :«Il n’y avait ni commissions d’octroi de crédits encore moins de dossiers», a précisé le même témoin. Il a révélé que des actions se chiffrant en millions de dollars, à l’exemple de celles de Fiba Holding qui était estimés à 8 millions US n’étaient pas inscrites dans la comptabilité de la banque mais étaient restituées en revanche au liquidateur de Khalifa Bank.