Rafik Abdessalam: «L’Algérie n’est pas exportatrice de terrorisme»
Des responsables sécuritaires, journalistes et politiciens tunisiens ont imputé à l’Algérie à travers des déclarations à des chaînes de télévision et des sites électroniques la responsabilité des événements survenus en Tunisie, notamment l’attaque terroriste qui a pris pour cible des unités de l’armée tunisienne au mont Chaâmbi et considéré « l’Algérie comme pays exportateur de terrorisme ».
Le porte-parole du ministère tunisien des Affaires étrangères, le général Mohamed Ali Al Aroui était le premier à tenir de tels propos sur l’Algérie en direct lors du JT de la première chaîne gouvernementale en annonçant que les cadres dirigeants des groupes terroristes activant en Tunisie sont originaires de l’Algérie et que les Tunisiens n’assurent que des tâches secondaires, telles l’approvisionnement.
Abondant dans le même sens, certains analystes de la chaîne tunisienne « Hannibal » commentant l’attaque terroriste contre les unités militaires au mont Chaâmbi ont considéré l’Algérie comme première source du terrorisme, tandis que le journal tunisien « Alchourouk » citant une source sécuritaire a fait savoir que les personnes arrêtées à Kasserine à proximité du mont Chaâmbi ont avoué que les Tunisiens coopèrent avec des « groupes algériens » pour se procurer de quoi manger.
En revanche, le général à la retraite Abdelaziz Medjahed a qualifié dans une déclaration à Echorouk de « dangereuses » et d’« irresponsables » ces accusations. « Malheureusement, la Tunisie ne connaît rien du terrorisme », sinon comment se fait-il que certains aillent jusqu’à accuser l’Algérie alors que des rapports des services de sécurité révèlent l’existence de milliers de terroristes tunisiens qui sont revenus de la Syrie.
« Nous condamnons ces allégations qui ne visent qu’à tromper le peuple tunisien », ajoute Medjahed expliquant qu’Alger restera fidèle à son engament en matière du respect des règles de bon voisinage et la non-ingérence dans les affaires intérieures des pays.
De son côté, l’expert militaire et sécuritaire le colonel Bon Omar Bendjana a affirmé que les analyses et les déclarations des politiques tunisiens ne reposent sur rien et ne visent qu’à ternir l’image de l’Algérie en considérant « l’Algérie comme source du terrorisme » et que « la Tunisie ne peut être fief du terrorisme ».
« Tout le monde sait que l’attaque terroriste de Tiguentourine était perpétrée par un groupe terroriste de différentes nationalités dont 11 Tunisiens, et malgré cela les autorités algériennes n’ont pas pointé du doigt la Tunisie car elles savent que le terrorisme est un phénomène mondial et non pas local ou régional », ajoute Bendjana en s’interrogeant sur « les 3 000 combattants tunisiens en Syrie. Est-ce c’est le peuple tunisien qui tue et est-ce c’est la Tunisie qui incite à tuer les Syriens… ?».
Par ailleurs, l’ancien attaché militaire au Moyen-Orient a estimé que « le terrorisme n’a pas nation ni de nationalité et il appartient aux deux pays de renforcer leurs efforts afin de l’éradiquer ».
Pour sa part, l’ancien ministre tunisien des affaires étrangères Rafik Abdessalam a rejeté les accusations portées à l’égard de l’Algérie en affirmant la consolidation des relations entre les deux pays.
« L’Algérie a souffert du terrorisme pendant de longues années et s’est lutté pour le retour de la stabilité et le renforcement de ses institutions et elle a réussi à éradiquer ce dangereux phénomène », a indiqué Rafik Abdessalam dans une déclaration à Echorouk.
« Nous réfutons les accusations portées contre le pays frère d’Algérie et tout ce qui peut toucher la sécurité et la stabilité de notre pays, compte tenu des liens entre la sécurité des deux pays et le sort commun des deux peuples frères », nous a confié notre interlocuteur refusant « tout ce qui pourrait torpiller les relations entre les deux Etats ».
Le responsable tunisien a mis tout le monde en garde contre « le fait de jouer avec les intérêts suprêmes de la Tunisie et les relations fraternelles de la Tunisie avec tous les pays frères et amis ».
Le ministre tunisien de la Défense, Ghazi El Djeribi a mis en garde jeudi contre des plans terroristes visant l’Algérie, la Tunisie, la Libye, le Maroc et l’Égypte e soulignant que des groupes terroristes planifient de faire exploser toute la région.