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Russie : le retour prévu de Poutine au Kremlin, une ombre sur les libertés

الشروق أونلاين
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L'annonce du retour de Vladimir Poutine au Kremlin a jeté une ombre sur la perspective d'un assouplissement politique en Russie, estime Human Rights Watch dans son rapport annuel publié dimanche, qui ne relève que peu de progrès sur les droits de l'Homme en 2011 dans ce pays.

L’annonce en septembre que le Premier ministre Vladimir Poutine briguerait la présidence en 2012 (…) a jeté une ombre sur la perspective de très nécessaires réformes politiques, écrit dans son rapport l’ONG de défense des droits de l’Homme basée à New York. Après plusieurs manifestations massives depuis les législatives du 4 décembre qui ont entraîné une contestation sans précédent dans le pays — dans un premier temps réprimée sans ménagement par les forces de l’ordre — l’ONG estime que la liberté de rassemblement reste problématique en Russie. La police disperse fréquemment les manifestations organisées par des militants de la société civile et l’opposition, emploie la force de manière excessive et interpelle arbitrairement des manifestants pacifiques, relève HRW. L’ONG souligne aussi le refus des autorités d’enregistrer les nouveaux partis politiques à la veille de ces élections. En 2011, comme lors des élections précédentes, les partis pro-gouvernementaux ont bénéficié d’un accès disproportionné aux médias et d’un soutien abusif de l’administration, écrit-elle. Les autorités russes n’ont autorisé l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) qu’à opérer un monitoring limité (200 observateurs), rappelle HRW, et les restrictions législatives ont rendu pratiquement impossible pour les ONG russes d’observer les élections. Pour le reste, le harcèlement des défenseurs des droits de l’Homme continue et la situation demeure hostile pour les organisations de la société civile, poursuit l’ONG. Il n’y a toujours aucune information officielle sur le commanditaire du meurtre d’Anna Politkovskaïa, journaliste d’opposition tuée en 2006 à Moscou, et les meurtres en 2009 de militants des droits de l’Homme en Tchétchénie comme Natalia Estemirova restent impunis, rappelle HRW. Les autres enquêtes sur des agressions contre des journalistes indépendants ont été en grande partie sans effet, ajoute l’ONG. La police russe a entrepris de lutter contre les groupes neo-nazis, mais le racisme agressif et la xénophobie continuent de croître. Dans le Caucase, le nombre d’attaques rebelles a doublé en 2010 par rapport à 2009 selon les chiffres officiels, relève l’ONG, qui souligne que l’impunité accordée aux forces gouvernementales pour leurs abus a suscité l’hostilité de la population. Les consultations entre l’UE et la Russie sont restées un instrument inefficace pour faire progresser les droits de l’Homme, observe HRW, relevant par ailleurs que l’interdiction de visa décrétée par les Etats-Unis pour une liste de responsables présumés de la mort en prison du juriste Sergueï Magnitski avait suscité la menace d’une réponse symétrique de la Russie.

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