Saâdani: «Nous ne vendons pas du vent à notre peuple»
Le secrétaire général du FLN, Amar Saâdani, accuse certaines parties de tentatives de réduire à néant l’initiative qu’il a lancée et qu’il considère comme un outil permettant d’aller vers un Etat civil.
Un Etat qui, selon lui, ne croit pas en clans, en groupes et ne fait pas de différence entre militaire et civil devant la justice.
Le secrétaire général a également critiqué la démission des partis politiques et leur incapacité à encadrer le peuple ainsi qu’à présenter des alternatives et des solutions.
« L’ère de vente du vent au peuple est révolue. Place à la concurrence des programmes et des alternatives », affirme Saadani.
« Nous refusons les interprétations et les fausses lectures données à notre position vis-à-vis des initiatives des autres formations politiques car notre conception de l’alliance diffère de la leur. Bien que nous ayons quelques points en commun, dont le soutien du président Bouteflika et le front intérieur, nous avions quelques divergences sur les orientations, les programmes…lorsque nous appelions à un Etat civil, il serait impossible de se faire par le retour à l’ère du parti unique », a-t-il confié lundi à Echorouk.
« Il y en a ceux qui œuvrent à réduire à néant notre initiative…nous leur disons que l’édification de l’Etat ,que nous revendiquions, exige de rendre effective l’action politique, d’avoir des partis politiques forts par leurs programmes aux plans politique, économique et social. C’est le noyau du front pour lequel nous avons appelé toutes les composantes de la société, et ce pour édifier un Etat civil non fondé sur les personnes et ne croit pas en clans et groupes où le militaire et le civil soit égaux devant la justice », enchaîne-t-il.
« L’Etat civil est plus grand que les personnes…l’un s’en va, l’autre vient, y compris Saadani si nécessité il y a. Mais l’Etat reste même avec le départ de telle ou telle personne, et le FLN se perpétue par ses programmes, ses orientations et ses conceptions avec Saadani ou sans Saadani», soutient-il.
Par ailleurs, il a plaidé en faveur d’une instauration d’un système démocratique local, non importé, qui glorifie les libertés individuelles et collectives…
Selon lui, le temps de l’Etat des clans et des loyautés à des personnes est révolu et il ne reste que la concurrence des programmes et l’achat des voix par la conviction et les alternatives.
« Aucun parti en Algérie n’a de programme économique. Nous vivons une crise économique, mais il semble que les formations politiques ne sont pas concernées par la présentation des alternatives et des solutions. Elles voient tout en noir et parlent de la corruption sans pour autant proposer un remède. La seule qui occupe la scène c’est bien Louisa Hanoune qui cherche à dissimuler ses orientations trotskiennes», déplore-t-il.
« Rendre effective la vie politique n’est pas la responsabilité du pouvoir, non plus la mobilisation du peuple. L’investissement de la rue par les gens est une preuve de l’incapacité des partis d’encadrer et de mobiliser le peuple », estime-t-il, ajoutant que « cela ne se fait pas par la vente de vent au peuple car il connait très bien le poids réel de chaque parti politique ».