Santé: une Commission de veille pour lutter contre la « mafia du médicament »
Le ministère de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière a pris une série de mesures pour l’approvisionnement du marché national en médicaments et réguler leur distribution.
Cette mission a été confiée à une Commission nationale consultative du médicament et des produits pharmaceutiques qui travaille en coordination avec des représentants du ministère des Finances et du ministère du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité sociale. La première réunion de cette commission qui a eu lieu jeudi dernier a été présidée par le ministre du secteur Djamal Ould Abbès. Ont pris part à cette réunion des représentants des importateurs de médicaments, des distributeurs ainsi que d’autres acteurs de ce secteur. La mission principale de cette commission de veille est de mettre fin à la pénurie des médicaments et de mettre un terme à la spéculation et ce en évaluant régulièrement la quantité de médicaments qui se trouve sur le marché national.
S’exprimant à l’occasion de l’installation de cette commission, Ould Abbès a indiqué que sa mission consiste notamment à juguler les pénuries et les spéculations par une évaluation « régulière » de la quantité de médicaments existante. Pour lui, il s’agit de lutter contre l’opacité caractérisant le marché du médicament en procédant d’abord à l’assainissement du réseau des distributeurs. D’ores et déjà, le ministère de la Santé a procédé à la délivrance des programmes d’importation pour l’année 2012 qui concernent les matières premières, les produits en l’état et les produits en vrac. Pour rappel, la décision de l’installation de cette commission a été prise par le gouvernement à la suite de la crise de médicament qu’a connue notre pays. Cette crise avait nécessité l’intervention du Premier ministre, Ahmed Ouyahia, pour mettre un terme à la polémique qu’a soulevée la pénurie de médicaments et les accusations lancées par le ministre de la Santé contre ceux qu’il a qualifiés de « barons du médicament ».
L’autre mesure prise par le ministère consiste en l’assainissement de la situation financière de la Pharmacie centrale des hôpitaux (PCH), laquelle a bénéficié récemment d’un prêt bancaire de 30 milliards de dinars, avec un taux de 1% pour une période de remboursement qui s’étale sur dix ans. Avec le paiement de toutes les factures de la PCH, celle-ci aura la possibilité de réguler ses stocks et de contracter des lettres de crédit, a ajouté Ould Abbès, précisant que grâce à ce procédé la PCH disposera d’un stock de sécurité de six mois. Selon le ministre, la PCH sera dotée d’un nouveau statut particulier, qui lui permettra de traiter avec les services hospitaliers de gré à gré et de pouvoir vendre au privé, le but étant de faire face à toutes formes de ruptures de médicaments.