Somalie: famine dans six régions, 750.000 personnes en danger de mort
La famine s'est encore étendue en Somalie et la situation risque de se détériorer davantage d'ici à la fin de l'année, a averti lundi l'ONU, qui enregistre une sixième région frappée et 750.000 personnes désormais menacées de mort dans le pays le plus touché par la sécheresse dans la Corne de l'Afrique.
La nouvelle province touchée est celle de Bay, où la malnutrition aiguë culmine à 58%. Alors surnommée la “cité de la mort”, sa capitale Baïdoa avait été au coeur de la famine en Somalie du début des années 90.
Comme les cinq autres régions décrétées en état de famine par l’ONU, Bay se situe dans le sud somalien, contrôlé pour l’essentiel par les insurgés islamistes shebab.
“Au total, quatre millions de personnes sont en situation de crise en Somalie, dont 750.000 qui risquent la mort dans les quatre prochains mois,” a prévenu le centre d’analyse pour la sécurité alimentaire (FSNAU) de l’ONU. En juillet, l’Onu craignait pour la vie de 450.000 personnes, sur une population estimée à moins de 8 millions d’habitants.
Des dizaines de milliers de personnes sont déjà mortes, en majorité des enfants, rappelle l’ONU, qui souhaiterait voir l’aide internationale passer à la vitesse supérieure.
Les Nations unies déclarent une région en famine quand au moins 20% des foyers sont confrontés à une grave pénurie alimentaire, 30% de la population y est en état de grave malnutrition et le taux de mortalité quotidien est au moins de 2 sur 10.000 personnes.
La Somalie est à l’épicentre d’une crise humanitaire qui touche plus de 12 millions de personnes à travers la Corne de l’Afrique.
Face à ce que les Nations unies qualifient de pire sécheresse en des décennies, le pays a enregistré sa plus mauvaise récolte en 17 ans et les prix des céréales ont flambé dans le sud, par endroits trois fois supérieurs aux niveaux de 2010.
Réunis en conclave à Mogadiscio, le gouvernement de transition somalien et des représentants de territoires autonomes tentent depuis dimanche de trouver une solution à l’impasse politique dans lequel se trouve le pays depuis le départ du président Mohamed Siad Barré en 1991.