Somalie: les shebab désertent Mogadiscio, le président promet de les chasser
Les insurgés islamistes radicaux shebab ont abandonné leurs positions à Mogadiscio, un “changement de tactique” selon leur porte-parole, mais accueilli comme une victoire cruciale par le président somalien qui a promis de les chasser du reste du pays.
“Mogadiscio a été complètement libérée de l’ennemi et le reste du pays sera également bientôt libéré”, a déclaré à la presse le président Sharif Cheikh Ahmed.
“L’ennemi a été défait, ils se sont retirés de Mogadiscio et nous les combattrons pour les éliminer dans le reste du pays”, a renchéri le Premier ministre Abduweli Mohamed Ali.
Auparavant, plusieurs témoins avaient indiqué le départ de la capitale de nombreux combattants shebab, dans la nuit, après des combats avec les forces gouvernementales et leurs alliés de la force de l’Union africaine (Amisom).
Un porte-parole des shebab, Ali Mohamed Rage, a évoqué “un changement de tactique militaire” pour expliquer ce retrait. “Les combattants moudjahidine ont mis en œuvre un changement de tactique militaire contre les ennemis d’Allah et, bientôt, vous entendrez une bonne nouvelle”, a déclaré le porte-parole sans plus de précisions.
Les shebab, qui contrôlent la majeure partie du centre et du sud du pays, ont juré la perte du gouvernement de transition (TFG) du président Sharif Cheikh Ahmed, soutenu par la communauté internationale.
Les shebab, dont l’émergence remonterait à 2006, étaient à l’origine le mouvement de la jeunesse des Tribunaux islamiques, qui ont contrôlé brièvement la Somalie au deuxième semestre 2006 avant d’être mis en déroute par l’armée éthiopienne, un de leurs ennemis jurés.
Outre l’insurrection, le gouvernement somalien fait face à une crise humanitaire sans précédent depuis 20 ans: la sécheresse qui affecte l’ensemble de la Corne de l’Afrique a provoqué une famine dans plusieurs régions du sud de la Somalie, sous contrôle shebab, et parmi les populations de déplacés à Mogadiscio intra-muros et dans le corridor d’Afgoye, à environ 20 km la capitale.
Vendredi, au moins cinq déplacés ont été tués dans leur camp lors d’une fusillade provoquée par des hommes en armes, vraisemblablement des miliciens pro-gouvernementaux, venus piller les stocks de nourriture du Programme alimentaire mondial.
“Nous avons deux ennemis à combattre: les shebab d’un côté, et de l’autre ceux qui tentent de voler la population”, a condamné le président somalien.