Sondage: les Algériens contre la limitation de la durée des “taraouih” et l'importation de la viande indienne
Selon les résultats d’un sondage d’opinions effectué par Média Sens au profit d’Echorouk, plus des trois quarts des algériens estiment que les prix durant Ramadhan sont élevés, voire extrêmement élevés. L’étude qui a touché onze wilayas (Sétif, Alger, Oran, Tizi-Ouzou, Bouira, Constantine, Annaba, Biskra, Aïn Defla, Bechar et Adrar) a notamment abordé la question des viandes importées, et là, la plupart des algériens se rangent contre l’importation et la consommation de la viande congelée y compris la viande indienne, en dépit des efforts du gouvernement pour promouvoir ce produit. Les personnes interrogées se sont également exprimées sur l’histoire de l’allègement de la prière des Taraouih.
- Le sondage d’opinion effectué sur un échantillon de sept mille personnes âgées entre dix ans et cinquante ans recherchait des réponses aux questions suivantes: Quelle évaluation faites-vous des prix après une semaine de Ramadhan ? Etes-vous d’accord avec la décision du gouvernement d’importer de la viande congelée ? Avez-vous consommé de la viande importée d’Inde ? Le feriez-vous ? Que pensez-vous des fatwas prohibant la consommation de cette viande ? Que pensez-vous de la décision du ministère des affaires religieuses d’alléger la prière des Taraouih ?
- Plus des trois quart des personnes interrogées ont affirmé que la première semaine de Ramadhan a connu une hausse vertigineuse des prix des produits alimentaires alors qu’un quart ont exprimé leur satisfaction par rapport à la mercuriale. Pour être plus précis, 50% ont estimé que les prix étaient élevés, alors que 26% ont dit qu’ils étaient extrêmement élevés. Ceux qui estiment que les prix étaient abordables représente un taux de 23%, alors que 1% ont répondu ne pas se soucier de la question.
- Les réponses recueillies reflètent le pouvoir d’achat des algériens et la répartition de la richesse qui semble se limiter à 23% de la population. Le pourcentage des algériens qui ont souffert de la hausse des prix montre par ailleurs le retrait de la classe moyenne qui tend à disparaitre et à intégrer la classe démunie.
- S’agissant de la viande congelée, la majorité des algériens ne partagent pas la décision du gouvernement d’en importer pour faire face à la hausse de la demande en ce mois. 55% des personnes interrogées sont contre quelle que soit sa provenance, alors que 45% sont pour. Les femmes sont plus nombreuses à s’opposer à cette décision avec 56,7%, contre52,5 % d’hommes.
- Du point de vue du statut social, 55,8% des célibataires s’opposent à l’importation de la viande congelée, contre 53,5% qui sont mariés.
- S’agissant plus précisément de la viande indienne, 91% des algériens ont déclaré ne pas en manger contre 1% seulement qui en consomme. Quant aux 8% restants, ils se désintéressent complètement du sujet.
- Les femmes sont les plus récalcitrantes avec 91,6% contre 89,4% d’hommes. Ce rejet est plus important chez les célibataires avec 91,2% contre 90,3% chez les personnes mariées.
- Les réponses des algériens à la question de leur disposition à consommer de la viande indienne, ont révélé que 68% sont contre, ce qui laisse croire que ce rejet a, selon toutes probabilités, des causes religieuses. C’est peut-être aussi une réponse aux autorités qui se sont abstenues d’importer de la viande soudanaise sous prétexte que le cheptel est atteint de maladies transmissibles au consommateur, comme l’a indiqué précédemment, le directeur de la santé vétérinaire au ministère de l’agriculture et du développement rural, Rachid Bouguedour, en dépit d’une exportation vers les marchés les plus rigoureux comme les émirats et les pays du Golfe.
- Le rejet chez les femmes a atteint 71% contre 63,7% chez les hommes, alors qu’il y a une parité parfaite de 67,4% entre les célibataires et les mariés et que 31,5% trouvent que l’importation de viande indienne n’a aucun sens.
- Pour la décision ministérielle relative à l’allégement, ou la limitation de la durée de la prière des Taraouih, le sondage a révélé que la majorité des algériens sont contre.