Suspension de Khaled Keddad: du « terrorisme administratif »
Le ministère de la Santé a ordonné à tous les établissements de santé publique de surveiller la présence des psychologues dans leurs postes chaque heure et de les pointer. Ce « stratagème » orchestré par le ministre de la Santé vise à casser le mouvement de protestation (sit-in) de lundi devant le siège du ministère.
Ce mouvement de protestation des psychologues a été enclenché suite à la suspension de ses fonctions du secrétaire général du Syndicat national autonome des psychologues (Snapsy), Khaled Keddad. Ce dernier a été suspendu de ses fonctions à cause de ses activités syndicales. Mais en dépit de la tentative du département dirigé par Djamal Ould Abbès, environ 200 psychologues ont répondu à l’appel du syndicat et ont pris part au sit-in organisé lundi devant le siège du ministère de la Santé à El Madania à Alger. Huit syndicats autonomes ainsi que la Ligue algérienne de défense des droits de l’homme (LADDH) ont pris part à ce sit-in de protestation.
« Les établissements hospitaliers ont reçu des instructions de la part du ministre de la Santé qui demande aux responsables de ces établissements de surveiller heure par heure la présence des psychologues au niveau de leurs postes », ont indiqué à Echorouk des membres du bureau national du Snapsy. « Cette action vise à casser notre mouvement de protestation et ce en maintenant les psychologues de « de force » dans leurs postes », ont-ils ajouté.
Par ailleurs, ils nous ont expliqué que Khealed Keddad, secrétaire général du Snapsy, n’a pas encore pris connaissance de son dossier disciplinaire qui a été établi. Or, le règlement lui autorise de savoir le contenu de ce dossier avant de comparaître devant le conseil de discipline le mercredi 4 juillet, soit à la veille de la célébration du cinquantenaire de l’Indépendance de notre pays.
Les mêmes syndicalistes dénoncent les restrictions imposées par le ministère de la Santé sur les activités syndicales pourtant garanties par la loi. « Nous dénonçons la politique de Djamal Ould Abbès qui a porté une grave atteinte à l’activité syndicale », ont regretté plusieurs syndicalistes. Dans ce contexte, le président de l’Union nationale des personnels de l’éducation et de la formation (Unpef), Sadek Dziri, a qualifié de « terrorisme administratif » la suspension de Khaled Keddad de ses fonctions.
Le collectif des huit syndicats autonomes ayant pris part au sit-in devant le siège du ministère de la Santé a promis de le développer pour former une Centrale syndicale autonome, pour faire face à l’Union générale des travailleurs algériens (Ugta).