Syrie: Assad défend l'action des forces de sécurité face aux hors-la-loi
Le président syrien Bachar al-Assad a défendu dimanche l'action des forces de sécurité contre les manifestations anti-régime, affirmant que l'Etat avait l'obligation d'agir face aux hors-la-loi qu'il accuse de terroriser la population, selon l'agence officielle Sana.
Agir face aux hors-la-loi qui coupent les routes, ferment les villes et terrorisent la population est une obligation pour l’Etat, qui doit défendre la sécurité et protéger la vie des citoyens, a dit M. Assad. Il a d’autre part affirmé que la Syrie avançait sur la voie des réformes d’un pas assuré, dans ces déclarations faites lors d’un entretien avec le ministre libanais des Affaires étrangères Adnane Mansour, ajoute Sana. Damas attribue les troubles, depuis le déclenchement de la contestation, à des bandes terroristes armées. Les propos du président Assad surviennent alors que la pression internationale s’accroît sur son régime, secoué depuis le 15 mars par un mouvement de contestation sans précédent réprimé dans le sang. Le pape Benoît XVI a lancé dimanche un appel pressant pour répondre de manière adéquate aux aspirations légitimes des citoyens en Syrie et rétablir au plus vite la coexistence pacifique. Le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon a exhorté samedi, lors d’un entretien téléphonique, le président Assad à mettre fin à la campagne militaire contre les opposants. Washington, Paris et Berlin envisagent de nouvelles mesures contre Damas, tandis que les monarchies du Golfe ont réclamé la fin de l’effusion de sang. Le chef de la diplomatie turque doit transmettre mardi avec détermination au régime de Damas les messages d’Ankara, à bout de patience face à la violence de la répression, a affirmé samedi le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan. Mais l’armée syrienne a poursuivi dimanche ses opérations dans plusieurs villes du pays, notamment à Deir Ezzor (est), où au moins vingt civils ont été tués et des dizaines d’autres blessés, selon des militants. Et les forces de sécurité ont arrêté samedi soir Walid al-Bounni, l’un des opposants les plus en vue à Damas, et ses deux fils, à son domicile dans la banlieue de Damas, selon le président de l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH). La réaction de Damas aux critiques notamment des monarchies du Golfe et de la Turquie ne s’est pas fait attendre. Ainsi, la conseillère du président Assad, Mme Boussaïna Chaabane, a critiqué dimanche la Turquie, affirmant que son ministre des Affaires étrangères Davotoglu, attendu mardi à Damas allait recevoir un message ferme de la part de la Syrie. Elle a reproché à Ankara de ne pas avoir dénoncé les assassinats sauvages perpétrés par les groupes terroristes armés à l’encontre des civils et des militaires, ajoutant que son pays a toujours rejeté les tentatives d’ingérence dans ses affaires intérieures. Le ministère syrien des Affaires étrangères a de son côté accusé le Conseil de coopération du Golfe (CCG) d’avoir ignoré les crimes perpétrés par les groupes armés en Syrie. Le CCG devrait appeler à l’arrêt du sabotage et dénoncer la violence des groupes armés qui ne veulent pas de bien à la patrie (…) et donner un peu de temps (au régime) pour que les réformes annoncées puissent donner leurs fruits, a indiqué le ministère dans un communiqué. Le ministère a demandé enfin à ses frères arabes dans le Golfe, de revoir leurs positions, tenant compte des actions entreprises par la direction syrienne pour surmonter la crise et faire avancer le pays sur la voie de la sécurité et de la stabilité. Selon l’OSDH, au moins 2.059 personnes, dont 391 militaires et agents de sécurité, ont trouvé la mort en Syrie depuis le 15 mars.