Taleb Ibrahimi: « Ben Bella est le produit des services secrets égyptiens »
Le premier président de l’Algérie indépendante, Ahmed Ben Bella est le produit des services secrets égyptiens, a dit l’ex-ministre des Affaires étrangères, Ahmed Taleb Ibrahimi.
Invité de l’émission diffusée sur la chaîne satellitaire Al-Jazeera, « Chahid Ala Al Asr » (témoin sur le temps), Ahmed Taleb Ibrahimi a dit: « Les services secrets égyptiens ont étudié les membres de la délégation extérieure composée de Hocine Ait Ahmed, Mohamed Khider et Ahmed Ben Bella ».
Comme ils étaient convaincus de leur incapacité d’influer Ait Ahmed et Khider, ils retournaient vers Ahmed Ben Bella qu’ils auraient trouvé plutôt influençable.
L’ex-président de l’Union générale des étudiants musulmans algériens en France, a ajouté que la presse française commençait à s’intéresser à Ben Bella et ses compagnons en écoutant la radio égyptienne « la voix des arabes » qui parlait de Ben Bella et ses compagnons de la délégation extérieure du Front de libération nationale (FLN).
« Je ne suis pas en train de minimiser le rôle de Ben Bella, mais il s’agit de vérités qui méritent d’être dites… Ben Bella avait joué un rôle dans l’approvisionnement en armes », a ajouté l’ex-ministre des Affaires étrangères.
Ces déclarations d’Ahmed Taleb Ibrahimi interviennent au lendemain de l’interview qu’a accordée Ahmed Ben Bella au magazine français « Jeune Afrique », il y a deux ans, dont il est revenu sur son parcours révolutionnaire qu’il le résume en affirmant: « Le 1er novembre, c’est moi ».
Lors de son entretien accordé au Jeune Afrique, Ben Bella est revenu sur la création de l’Organisation secrète (OS) en 1947, l’attaque de la poste d’Oran dont il affirmait être le partisan, tout comme Ait Ahmed , lui aussi, affirmait dans ses mémoires « Mémoires d’un combattant » être le partisan de cette attaque.
« Ait Ahmed est plus que Kabyle qu’Algérien », a également déclaré Ahmed Ben Bella au Jeune Afrique.
Selon Jeune Afrique, Ahmed Ben Bella avait manifesté sa haine contre Abane Ramdane qui a tenté de l’empêcher de prendre part au « Congrès de la Soummam en 1956 ».
L’invité de Al Jazeera a également cité lors de son interview accordée à Al-Jazeera, le lauréat du Prix Nobel de la Littérature, Albert Camus dont ses idées continuent d’être défendues et critiquées à la fois, en disant: « Je lui ai rendu visite à deux reprises et constaté qu’il aimait l’Algérie, son soleil et sa mère mais sans les Algériens…il a aimé l’Algérie comme étant un territoire appartenant à la France ».
Pour étayer ses dires, Taleb Ibrahimi a tenu à rappeler l’expression de Camus en recevant le Prix Nobel en 1957: «Entre la justice et ma mère, je choisis ma mère» en ajoutant que Camus accusait le FLN d’être le sujet de Moscou et du Caire.