Tunisie: élections organisées dans la “transparence”
Les élections du 23 octobre en Tunisie ont été organisées dans la “transparence”, a déclaré mardi la mission des observateurs de l'UE, qui a relevé des “irrégularités mineures” au cours du scrutin.
“La commission électorale Isie a su organiser ces élections dans la transparence”, s’est félicité la mission, qui s’est déclarée “satisfaite” de la tenue du vote dans l’immense majorité des bureaux et n’a relevé que des “irrégularités mineures”.
“Les élections sont issues de la volonté ferme du peuple tunisien d’être gouverné par des autorités élues démocratiquement et respectueuses de l’état de droit”, selon la déclaration de la mission.
“Un consensus politique fort qui s’est exprimé dans un contexte de très grande liberté d’expression a permis la tenue de ces élections”, ajoute-t-elle.Le chef de la mission, Michael Gahler, a fait part de sa “satisfaction dans 97% des bureaux de vote” où les observateurs européens étaient présents (plus d’un millier). “Les 3% restants présentaient des irrégularités mineures”, a-t-il ajouté lors d’une conférence de presse à Tunis.
Il a aussi évoqué les retards dans la publication des résultats, initialement annoncée pour lundi, qu’il a imputés à quelques cas complexes (des urnes scellées avec les procès-verbaux à l’intérieur, par exemple) et aux difficultés d’acheminement des PV depuis des villages reculés.
“L’Isie ne veut pas faire d’erreur”, a-t-il dit. “Le chemin de la démocratie a été balisé par la Tunisie. C’est un exemple à suivre pour tous les voisins”, a-t-il ajouté.
Autre remarque notable: “les médias semblent avoir retrouvé la confiance des gens et les réseaux sociaux ont joué un rôle moindre”, selon un expert média de la mission.
De leur côté, des observateurs de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) ont salué dans un communiqué la “tenue remarquable de la première élection libre et transparente de l’histoire de la Tunisie” et rendu “un hommage appuyé au peuple tunisien qui a massivement participé”.
La mission de l’UE a relevé “quelques dysfonctionnement mineurs”: la “faible présence dans les bureaux de vote” des représentants des listes candidates, les “difficultés rencontrées” par les électeurs les plus âgés, les illettrés et les handicapés, et “l’adoption tardive de certaines dispositions, en particulier celles relatives aux modalités de vote des électeurs non inscrits” volontairement sur les listes électorales.
Sur un corps électoral estimé à 7,2 millions, quelque quatre millions de Tunisiens ont fait la démarche de s’inscrire lors d’une campagne d’enregistrement cet été. Les trois millions restants pouvaient voter dans le bureau correspondant à l’adresse de résidence figurant sur leur carte d’identité et étaient appelés à se renseigner auprès de l’Isie en cas de difficulté.
Dimanche, les services dédiés ont été pris d’assaut et les agents de l’Isie parfois incapables de fournir les renseignements demandés.
Afin de remédier aux difficultés observées, la mission de l’OIF recommande la “pérennisation” d’une instance électorale, une meilleure formation de ses agents et “l’affinement des règles” sur le financement des partis.
Les Tunisiens étaient appelés à élire une Assemblée constituante, un scrutin historique neuf mois après la chute de Zine El Abidine Ben Ali. Les islamistes d’Ennahda sont arrivés en tête, selon les premières estimations.