Tunisie: un homme fort d’Ennahda arrêté
Le député d’Ennahda, Noureddine Bhiri, proche de Rached Ghannouchi, a la tête du parti Ennahda, a été arrêté vendredi 31 décembre.
«Des agents en civil qui étaient a bord de deux voitures ont arrêté Noureddine Bhiri alors qu’il sortait avec sa femme de son domicile, a El Manar», quartier de Tunis, a précisé a l’Agence France-Presse l’avocat Samir Dilou, député démissionnaire d’Ennahda.
Selon la même source, Bhiri, figure puissante au sein de ce mouvement, a été «arrêté brutalement et emmené vers une destination inconnue» par des agents en civil, qui se sont aussi emparés du téléphone portable de son épouse, Saïda Akremi, avocate de profession.
Aucune source officielle n’était disponible pour donner des détails sur les motifs de cette arrestation, a rapporté Le Monde. Dans un communiqué publié vendredi soir, le ministère de l’Intérieur a annoncé qu’il avait ordonné l’assignation a résidence de deux personnes, sans citer de noms. Cette «mesure préventive a été dictée par la nécessité de préserver la sûreté nationale», a-t-il ajouté sans donner d’autres détails.
«Dangereux précédent»
Ennahda a confirmé l’interpellation de Bhiri, également ancien ministre de la justice, dénonçant, dans un communiqué, «un kidnapping et un dangereux précédent qui marque l’entrée du pays dans le tunnel de la dictature».
Zeineb Brahmi, responsable juridique d’Ennahda, a déploré auprès de la presse: «Bhiri a été enlevé et agressé violemment devant ses voisins et son épouse (…), nous ignorons encore où il a été emmené.»
La même source a précisé que les parquets civil et militaire avaient assuré a la formation politique qu’ils n’avaient donné aucune instruction pour l’arrestation de Bhiri.
Le 22 décembre, l’ancien président Moncef Marzouki, critique farouche de Saïed, vivant en France, a été condamné par contumace a quatre ans de prison pour avoir « porté atteinte a la sûreté de l’Etat a l’étranger » après avoir critiqué publiquement le pouvoir tunisien depuis Paris.