Un cessez-le-feu controversé au Darfour
Le président soudanais Omar Al-Béchir a annoncé ce mercredi un cessez-le-feu immédiat et sans condition au Darfour. Il a appelé au désarmement des milices dans cette région en guerre depuis 2003. L'un des principaux groupes rebelles dans cette région de l'ouest du Soudan, a rejeté l’invitation d’Al-Bachir, la qualifiant de “propagande” et a réclamé une déclaration de principes sur le sujet.
- La démarche du président soudanais est qualifiée de “louable” par le principal médiateur international pour le Darfour, Djibril Bassole. Omar Al-Bachir a réitéré son engagement à négocier pour parvenir à des solutions pacifiques qui garantissent l’élimination des conflits, et c’est dans ce sens qu’il a annoncé ce mercredi un cessez-le-feu immédiat et sans condition entre les forces armées et les factions en guerre au Darfour, tout en appelant au désarmement des milices avec la mise en place d’un mécanisme de contrôle surveillé par les parties belligérantes.
- Cette décision annoncée par le président après avoir entendu les recommandations finales de “l’initiative pour la paix au Darfour”, censées fournir une base à une conférence de réconciliation au Qatar prévue d’ici la fin de l’année, a été rejetée et critiquée par les rebelles.
- L’un des principaux groupes au Darfour, le Mouvement pour la justice et l’égalité (JEM) a rejeté la déclaration de cessez-le-feu du président la qualifiant de “propagande” et réclamé une déclaration de principes sur le sujet. Ce groupe accuse le régime d’Al-Bachir d’avoir lancé des attaques au moment même de l’annonce de précédentes trêves et juge les démarches de réconciliation du président comme une tentative pour détourner l’attention sur les accusations de “crimes de guerre” au Darfour, portées contre lui par le procureur de la Cour pénale internationale.
- La CPI examine actuellement les preuves présentées en juillet par le procureur, Luis Moreno-Ocampo, pour décider de l’émission d’un mandat d’arrêt international contre Al-Béchir. L’Union Africaine et la Ligue Arabe qui soutiennent le président soudanais, ont demandé au Conseil de sécurité de différer toute décision de la CPI, afin d’accorder du temps à Al-Béchir pour l’instauration d’un cessez-le-feu.