Un demi-million de travailleurs communaux vivent au dessous du seuil de la pauvreté
Si la situation de certains secteurs de la Fonction publique est presque améliorée, à l’instar de ceux de l’Education et la Santé, au lendemain d’une vive contestation sociale qui a secoué le pays des mois durant, celle des communes demeure toujours non-vue apparemment, voire négligée par même la Direction générale de la Fonction publique.
Nombreux sont les travailleurs relevant des secteurs sus cités, auraient quand même bénéficié des augmentations salariales, des primes et d’indemnisations après en avoir investi la route et organiser de nombreuses actions de contestation.
Cependant, ceux relevant des 1541 communes que compte le pays, ne voient toujours pas arriver ces augmentations, du moins des primes, comme le témoigne la Fédération nationale des travailleurs des collectivités locales et de l’administration (Fntcla), affirmant qu’un demi-million d’entre eux ne touchent que des pensions, qui ne semblent être que de « dons charitables », estime-t-elle.
Il ne demeure pas un secret que le travailleurs communaux sont la colonne vertébrale de l’Etat algérien, au vu de rudes tâches qu’on leur confie. Lesquels sont quotidiennement sollicités à délivrer des millions de documents et qui supportent et résistent aux pressions des citoyens qu’ils reçoivent journellement.
Outres ces pressions, ils doivent assumer leurs responsabilité devant le procureur de la République en cas de délivrance de faux documents ou d’une erreur commise lors de leur délivrance.
S’exprimant au forum de Echorouk, le président de la Fntcla a dit que le fonctionnaire relevant du secteur des communes, derrière son guichet, n’a pas droit à refuser délivrer le nombre de documents demandés par le citoyen, quoi que ce dernier puisse les déchirer à sa sortie de la mairie.
Dans les Apc des wilayas de l’Intérieur, pas moins de mille extraits de l’acte de naissance sont délivrées par chacune d’elles, sans compter les dizaines d’autres documents requis pour la constitution de simples dossiers, a souligné le président de la Fntcla.
Ces établissements reçoivent également journellement pas moins de 3 000 citoyens, a-t-il ajouté.
En matière de délivrance de documents, l’Algérie se classe parmi les premiers pays au monde avec une moyenne quotidienne de 4 à 6 millions documents délivrés par les Apc, et ce chiffre augmente spectaculairement lors de la rentrée scolaire et universitaire ainsi que pendant la période d’organisation des concours de recrutement.
Des maires imposent leurs lois, un code non-protecteur du fonctionnaire
En dépit de lourd fardeau qu’ils tiennent sur leurs épaules, les trvailleurs des communes demeurent non-protégées par le cadre juridique, aux yeux du président de la Fédération.
Selon notre interlocuteur, ces travailleurs font souvent l’objet d’humiliation, de menaces des citoyens et de limogeage de la part des élus locaux et des maires.
Face à cette situation déplorable, le syndicat des travailleurs communaux réclame une loi ou un décret assurant la protection de cette catégorie confrontée aux abus des élus locaux et des P/Apc.
Révision du statut particulier et du régime indemnitaire
La Fédération nationale des travailleurs des collectivités locales et de l’administration appelle le ministère de l’Intérieur à la tenue d’une rencontre dans le cadre de dialogue et de consultations afin de parvenir à la révision du statut particulier des travailleurs communaux et de leur régime indemnitaire, afin de colmater les carences qu’il contient, lequel jugé par ces derniers d’ « Abusif ».
Elle réclame également l’intégration de tous les fonctionnaires y compris ceux des corps communs, et qu’ils soient en pied d’égalité avec d’autres fonctionnaires bénéficiant de nombreux avantages et de primes.
Des augmentations qualifiées de « miettes »
Les travailleurs des communes s’accordent unanimement à qualifier le régime indemnitaire d’ « abusif » et « inéquitable », car ils n’ont bénéficié que de très faibles augmentations allant de 1800 à 5 000 Da eu égard de la détérioration du pouvoir d’achat.
S’agissant des primes, ils soulignent que les éboueurs et les travailleurs nommés relevant du même secteur bénéficient d’une prime de contagion, tandis que les chauffeurs, les travailleurs contractuels et ceux exerçant à titre temporaire n’en bénéficient pas.
Le statut particulier des travailleurs communaux ne stipule pas la promotion des cadres de ces établissements mais plutôt la révision à la baisse de leurs salaires mensuels, et que le fonctionnaire le plus rémunéré ne touchant que 42 000 Da y compris toutes les primes et longues années de service, s’set exprimé le président de la fédération.
70% des travailleurs sont contractuels
Le secrétaire national de la fédération chargé de la communication, Hamrani Djilali a tenu à faire savoir que 70% des travailleurs communaux sont des contractuels et exerçant dans le cadre de pré-emploi. A ce sujet, le syndicat réclame la permanisation de tous ces fonctionnaires, dont des promesses auraient été faites par le département de Ould Kablia, A-t-il conclu.