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Une prime de 50.000 € proposée aux médecins pour exercer en Nouvelle-Calédonie

Echoroukonline
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D.R

50.000€ ! C’est la prime que propose la Nouvelle-Calédonie -confrontée a un manque cruel de professionnels de santé- aux médecins libéraux pour venir s’installer dans la Province Sud de l’archipel, situé a 17.000 kilomètres de l’Hexagone.

En retour, les médecins doivent s’engager a y travailler pendant trois ans.

Pour la première fois de son histoire, la Nouvelle-Calédonie, territoire français du Pacifique-Sud, voit sa population baisser, notamment en raison des départs dus a l’instabilité institutionnelle et a la crise du Covid. La main d’œuvre manque, l’île se transforme en désert médical et la pénurie de médecins est jugée “dangereuse” dans les médias locaux. Face a cette situation, la région la plus peuplée, la Province Sud, sort le grand jeu et lance un dispositif pour attirer les jeunes médecins, a rapporté Europe 1. Elle leur propose une prime d’installation de 50.000 euros.

Une prime versée en trois fois

Au total, 6 millions de francs Pacifique, l’équivalent de 50.000 euros de prime, seront versés a ceux qui viendront s’installer en libéral. Cette prime sera versée en trois fois: a l’installation, a 18 mois puis a 36 mois. De quoi couvrir largement les frais d’installation, promet Nicolas Pannier, le secrétaire général de la Province Sud en Nouvelle-Calédonie. On y compte un médecin généraliste pour 2.000 habitants, soit trois fois moins que la moyenne nationale.

Nouvelle-Calédonie: baisse historique de la population, en pénurie de main-d’œuvre

Pour la première fois de son histoire, la Nouvelle-Calédonie,où des centaines d’Algériens y étaient déportés a l’époque coloniale, voit sa population baisser, avec des conséquences importantes sur certains secteurs d’activité, notamment en raison des départs du territoire dus a l’instabilité institutionnelle et a la crise du Covid-19.

La population de l’archipel du Pacifique sud est passée au 1er janvier sous la barre des 270.000 habitants, en baisse depuis deux années consécutives (-330 personnes en 2020 et -1.050 en 2021), selon l’Institut de la statistique et des études économiques (Isee) de Nouvelle-Calédonie qui assure que c’est une situation totalement inédite pour le territoire, a rapporté 20 minutes.

Les départs sont la principale cause de ce recul: 2.999 en 2021 et 2.782 l’année précédente. En conséquence, le solde migratoire ne compense plus la baisse de la natalité, amorcée dans les années 1980. Une dynamique déja constatée lors du recensement de 2019, qui faisait état de 13.000 départs depuis le précédent recensement en 2014.

« On a perdu 18.000 personnes depuis 2014 »

Craintes sur l’avenir du territoire après trois référendums d’autodétermination qui n’ont pas permis d’aboutir pour le moment a un nouveau statut et fermeture des frontières pendant deux ans en raison de la crise sanitaire mondiale expliquent ce phénomène, selon l’Isee.

Cette chute provoque de vives inquiétudes dans le milieu économique. « On a perdu 18.000 personnes depuis 2014 », calcule Thibaut Martelin, président de la commission économie-fiscalité du Medef, « et le phénomène va en s’accélérant ». L’organisation patronale estime a 30 milliards de francs Pacifique (252 millions d’euros) le coût de ces départs en 2021, principalement des classes moyennes qualifiées, soit 3% du PIB. Avec également des conséquences délétères sur les comptes sociaux déja dans le rouge.

Problèmes de recrutement

Désertée par une partie des compétences, le territoire doit faire face a une concurrence nouvelle, entre régions françaises, pour recruter certains professionnels dont la pénurie est nationale. Ainsi, alors que jusqu’ici la Nouvelle-Calédonie, avec ses salaires élevés et un cadre de vie préservé, recrutait sans peine du personnel médical et paramédical, des services entiers sont aujourd’hui contraints de fermer.

A la clinique Kuindo-Magnin, a Nouméa, 30 lits de chirurgie et de médecine interne sont vides, faute d’infirmiers. Hors du Grand Nouméa, les dispensaires ne sont plus pour certains en mesure d’assurer les urgences, alors que l’hôpital le plus proche se trouve parfois a plusieurs centaines de kilomètres. Pour remédier a la situation, la province des îles Loyauté a mis en place un partenariat avec le CHU de Bordeaux pour la mise a disposition de six internes hospitaliers et permettre la réouverture des urgences.

Dans tous les secteurs, la pénurie de personnel est telle qu’une hypothétique reprise de l’activité économique serait aussitôt freinée par le manque de main-d’œuvre qualifiée, selon plusieurs représentants patronaux interrogés par l’AFP.

Le troisième référendum d’autodétermination organisé le 12 décembre 2021 a donné la victoire au « non », mais a été marqué par le boycott des indépendantistes, qui en avaient demandé le report en raison de la pandémie de Covid-19.

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