Une source diplomatique crédible affirme à Echorouk : « L’Algérie ne s’est pas désengagée de l’accord d’Alger signé entre le Mali et les Touaregs »
Le feuilleton de la « bourde » Malienne de libérer quatre terroristes en contrepartie de la libération par les groupes terroristes d’Al –Qaida de l’otage français Pierre Camate, n’arrête pas de susciter la polémique et les réactions hostiles à cette concession dommageable de la part des autorités Maliennes..
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L’Algérie tout comme la Mauritanie, ont en effet dénoncé vivement l’abdication de Bamako devant les pressions de la France qui a pesé de tout son poids pour convaincre le président Malien non seulement de dialoguer avec les terroristes, ce qui donne à Al-Qaida une certaine reconnaissance et légitimité, mais de les convaincre de libérer quatre sanguinaires terroristes détenus au Mali, en contrepartie d’une probable rançon en plus de la libération de « l’espion français » Pierre Camate qui est détenus en otage par un groupe terroristes au nord du Mali.
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En effet, quatre terroristes dont deux Algériens activement recherché par la justice Algérienne, avec un Mauritanien et un Burkinabé ont été libérés par le gouvernement Malien, et ce, pour céder au chantage d’un groupe terroriste qui a exigé leurs libération pour, à leur tour, libérer un otage français séquestré dans leurs maquis, et qu’on dit ici et là, n’est autre q’un espion français dépêché par Paris à la région du Sahel pour infiltrer Al-Qaida et « s’enquérir » de la situation sécuritaire au Sahel, et cela pour assurer et garantir les intérêt de la France dans la région, et même sa sécurité dans le territoire français lui-même, sachant l’influence de la France dans cette région et également vis versa.
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En guise de réaction et mécontentement, Alger n’a pas tardé à exprimer son indignation au dérapage dangereux Franco-malien, en rappelant illico presto sans ambassadeurs à Bamako pour « consultation ». Même procédure émise par Nouakchott, qui n’a pas apprécié également le geste de trop du président malien.
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Ne s’arrêtant pas dans le stade de la dénonciation, Alger hausse le ton dans ses relations avec la Mali. Un haut responsable au palais d’El-Mouradia a affirmé à Echorouk que le président de la république Abdelaziz Bouteflika ne pardonnera jamais à son homologue Malien sa « bévue de trop » de faire une telle concession de libérer quatre terroristes très dangereux, et qui ne feront qu’envenimer la situation sécuritaire au Sahel. Pourtant, les relations bilatérales entre Alger et Bamako étaient au beau fixe avant de se voir détériorer de plus en plus ces dernières années. .
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Pour rappel, les nombreuses réunions d’Etats-Majors qui se sont tenues à Alger, Tamanrasset, Bamako et Nouakchott et les « magnifiques » résolutions qui les ont sanctionnées ont resserré de temps soit peu les relations entre les trois voisins, notamment dans le registre sécuritaire. Mais, des observateurs sont unanimes à dire que cette intensification des relations entre les pays du Sahel n’a pas été au goût de l’Elisée qui voit sa mainmise dans la région se réduit, voir en voit de disparition.
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Cependant à l’ombre de tout ce brouhaha diplomatique, l’Algérie fait encore preuve de retenu, même si elle ne diminue pas de sa pression et de sa colère envers le Mali et la France.
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En effet, un haut responsable de la diplomatie Algérienne a nié catégoriquement les informations rapportées par la presse Malienne selon lesquelles le gouvernement algérien se retire de l’Accord d’Alger du 4 juillet 2006 entre le gouvernement Malien et les Touaregs, en soulignant que l’engagement de l’Algérie dans le processus de paix dans cette régions sanctionné par ledit Accord d’Alger n’est pas seulement avec Bamako, mais également avec les groupes armée des Touaregs puisque Alger s’est portée garante de cet accord.
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En effet, la presse Malienne a rapporté dans son édition d’avant-hier, que l’Algérie s’est retiré définitivement du processus de paix signé le 4 juillet 2006 à Alger entre le gouvernement malien et l’Alliance démocratique du 23 mai qui représente toutes les factions des Touaregs au nord du Mali. L’Algérie qui a été le concepteur de cet accord qui était sous l’égide même du président Bouteflika, a mit fin à une guerre civile atroce entre l’armée malienne et les groupes des Touaregs.
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La presse malienne a également appelé les gouvernements de la région de resserrer les rangs et d’unir leurs efforts pour faire face au terrorisme. Elle a également critiqué la réaction de l’Algérie et de la Mauritanie qui ont retiré leurs ambassadeurs respectifs de Bamako suite au geste du Mali de libérer les quatre terroristes. Dans ce cadre, le journal 22 Décembre a rapporté les déclaration du président Malien Amadou Toumani Touri qui a considéré son pays comme « une victime et otage de la situation sécuritaire complexe dans la régions », en essayant même de jeter la balle lorsqu’il dit : « ce qui s’est passé ne nous regarde pas, c’est des Salafistes qui ne sont pas Maliens se retrouvant sur notre territoire ».
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La même source a rapporté également les justifications du président Malien de libérer les quatre terroristes pour libérer l’otage Français. Il persiste à cet effet que « tous les dangers existant au Sahel sont de cadre frontalier, et tout ce qu’il n’est pas venu du Mali ne le concerne pas et ne le cible pas », donc, le président malien ne pouvait pas abandonner Pierre Camate et le laisser affronter tout seul l’exécution et la proscription, lui qui est venu au Mali et a décider de s’installer dans son deuxième pays », ajoute le rédacteur du même journal.