Versement de rançons: Washington appelle le Conseil de sécurité à se pencher sur la question
Le coordonnateur américain de la lutte contre le terrorisme au département d'État, Daniel Benjamin, a appelé le Conseil de sécurité de l'ONU à examiner de près la question de versement de rançons à l'organisation al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI).
Intervenant devant le comité contre le terrorisme du Conseil de sécurité de l’ONU pour expliquer la stratégie américaine pour le contre-terrorisme, Daniel Benjamin a déclaré qu’ « aucun groupe terroriste n’est aussi notoirement connu qu’AQMI en matière d’enlèvements contre rançons qui sont devenus l’une des sources principales des revenus pour les groupes liés à al-Qaïda ». Dans ce sens, le patron du contre-terrorisme au département d’État a souligné que les États-Unis « encouragent vivement le comité contre le terrorisme du Conseil de sécurité à se concentrer davantage sur cet aspect de la menace terroriste, qui s’étend au-delà d’AQMI ». Par ailleurs, Benjamin a considéré que « l’importance de situer les efforts américains contre le terrorisme dans un large cadre des politiques étrangère et sécuritaire, est soulignée par les transformations qui se déroulent au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, dont le plein impact, y compris pour nos efforts contre le terrorisme, est en train de prendre forme ». Estimant que ces bouleversements politiques à travers les pays de la région MENA sont prometteurs en matière de démocratie, Benjamin a prévenu, toutefois, que « certains dangers ne peuvent être ignorés ». En effet, a-t-il expliqué devant le comité onusien de contre-terrorisme, « ces agitations politiques ont distrait les services de sécurité dans un certain nombre de pays ». Sur ce point, Benjamin a exprimé sa « préoccupation à la fois pour le transit des terroristes à la lumière de l’instabilité en Libye, et à la menace posée par la circulation des armes qui étaient auparavant sous contrôle du gouvernement libyen. Sans doute, a-t-il mis en garde, « les groupes terroristes seront tentés d’exploiter la situation pour commettre des actes de conspiration », ajoutant que les États-Unis « savent que ces crises politiques à travers les pays de la région ont attiré l’attention d’al-Qaïda qui cherche à s’y insinuer ». Selon Benjamin, « les conspirations terroristes pourraient avoir des implications perturbatrices significatives pour les États qui font face aux défis et à des transitions démocratiques difficiles ».