Vote dans les bidonvilles: effet de la menace de Zoukh ressenti
La blague du wali d’Alger, Abdelkader Zoukh, en menaçant les habitants des bidonvilles de ne pas bénéficier de logement s’ils ne votent pas, a eu un effet significatif le jour du scrutin où l’on a pu constater une grande affluence de ces habitants vers les bureaux de vote.
Dans les bidonvilles, tout le monde parle de l’élection présidentielle et les menaces des autorités locales de priver les occupants de relogement en cas du boycott.
A El Harrach, les occupants de bidonvilles ont pris d’assaut le bureau de vote Mouloud-Feraoun tôt dans la matinée de jeudi. « Ce bureau de vote a connu une importante affluence des habitants des quartiers concernés par le relogement, rien que pour bénéficier d’un logement », nous a confié Hassen, un des habitants de ce quartier. « Ce qu’a déclaré Zoukh au sujet du relogement a fait secouer les habitants. Nous n’avons donc qu’à faire ce que le wali nous a demandé de faire, pour que nous pouvions bénéficier de notre droit au logement », a-t-il ajouté.
Sid-Ali nous a dit lui aussi qu’ « effectivement, je suis allé voter pour la paix et la stabilité, pour ne leur laisser aucun prétexte », ajoutant que « nous avons beaucoup entendu parler de mise en garde contre l’intervention étrangère », mais moi je dirais « notre but, c’est de bénéficier d’un logement. Nous, nous avons accompli notre devoir, et c’est aux responsables de tenir leurs promesses. Pour cela, nous accordons au wali un délai jusqu’au mois de juin pour nous reloger, faute de quoi la situation va dégénérer et l’irréparable va être commis».
« Nous avons accompli notre devoir national, maintenant, c’est aux autorités de respecter nos droits sacrés. Il leur appartient de nous reloger d’ici le mois de juin, car la situation risque d’exploser», martèle Soufiane, un citoyen que nous avons rencontré à El Harrach.