Exactions israéliennes a Gaza: une commission d’enquête créée d’urgence
Le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies a décidé, jeudi, de créer d’urgence une commission d’enquête internationale indépendante sur les violations qui auraient été commises dans le territoire palestinien occupé, a Gaza, y compris Jérusalem-Est, et en Israël, lors des récents affrontements entre le Hamas et Israël.
Dans une résolution adoptée a la majorité de ses 47 membres (24 pour, 9 contre et 10 abstentions), le Conseil a établi cette commission dont les membres seront nommées par la Présidente du Conseil.
Cette commission enquêtera précisément sur les violations et abus présumés du droit international humanitaire et du droit international relatif aux droits de l’homme avant et depuis le 13 avril 2021, et toutes les causes profondes sous-jacentes des tensions récurrentes, de l’instabilité et de la prolongation des conflits, y compris la discrimination et la répression systématiques fondées sur l’identité nationale, ethnique, raciale ou religieuse.
Le Conseil prie instamment tous les Etats de s’abstenir de transférer des armes lorsqu’ils estiment que ces dernières présentent un risque évident d’être utilisées pour commettre ou faciliter de graves violations du droit international humanitaire et relatif aux droits de l’homme.
Il demande également a tous les Etats, institutions internationales et autres donateurs de mobiliser d’urgence une aide humanitaire en faveur de la population civile palestinienne dans le territoire palestinien occupé, y compris Jérusalem-Est, et a répondre a leurs besoins actuels. Il appelle Israël, «puissance occupante», a assurer la livraison sans entrave de cette aide humanitaire.
Bachelet: les frappes israéliennes a Gaza pourraient constituer des crimes de guerre
La cheffe des droits de l’homme de l’ONU a indiqué qu’elle n’avait pas reçu de preuve sur l’utilisation a des fins militaires des bâtiments palestiniens a Gaza visés par les frappes aériennes israéliennes.
«S’il s’avère que l’impact sur les civils et les objets civils est indiscriminé et disproportionné, ces attaques peuvent constituer un crime de guerre», a déclaré la Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Michelle Bachelet, qualifiant ces événements d’«effroyables».
«Nous avons récemment assisté a la plus importante escalade des hostilités depuis 2014», a dit Mme Bachelet aux 47 Etats membres du Conseil.
Ces frappes ont également entraîné une destruction généralisée d’infrastructures civiles. Il s’agit notamment de «bâtiments gouvernementaux, de maisons et immeubles résidentiels, d’organisations humanitaires internationales, d’installations médicales, de bureaux de médias et de routes permettant aux civils d’accéder a des services essentiels tels que les hôpitaux», a précisé la Haut-Commissaire. Le résultat a été leur destruction partielle ou totale.
«Cependant, les Palestiniens ont aussi des droits. Les mêmes droits», a rappelé Mme Bachelet. « Eux aussi ont le droit de vivre en sécurité et librement dans leurs maisons, avec des services et des opportunités adéquats et essentiels, et dans le respect de leur droit a la vie et a l’intégrité physique», a-t-elle insisté.
Contrairement aux civils israéliens, qui bénéficient de la protection du « Dôme de fer » et de forces militaires professionnelles, les civils palestiniens de Gaza n’ont pratiquement aucune protection contre les frappes aériennes et les opérations militaires menées dans l’une des régions les plus densément peuplées du monde. «Ils n’ont aucun endroit où s’échapper, en raison du blocus terrestre, aérien et maritime israélien qui est en place depuis 14 ans», a poursuivi la Haut-Commissaire.