Abderrahmane Dibani: «Nous sommes attachés à la médiation algérienne»
Le président du bureau politique du Conseil supérieur des thowars (révolutionnaires), Abderrahmane Dibani, a affirmé l’attachement des Libyens au rôle que joue l’Algérie dans la résolution de la crise de son pays, et que la démarche marocaine pour convier les parties à se réunir au royaume chérifien n’aboutira qu’en cas du non-soutien de l’Algérie.
Commentant la démarche de Rabat qui vise à parrainer le dialogue entre les protagonistes libyens, Dibani a indiqué dans une déclaration à Echorouk que «l’ensemble des parties libyennes voulaient dialoguer en Algérie. Nous n’accepterons pas que le dialogue soit tenu dans un autre pays que l’Algérie que nous considérons comme notre sœur aînée». Et Dibiani d’enchaîner: «Seule l’Algérie est à même de réunir toutes les parties libyennes et tout mouvement en dehors de l’initiative algérienne ou tentative des uns et des autres pour se fortifier en s’appuyant sur d’autres pays ne fera qu’empirer la situation et ne contribuera pas à sa solution.»
« L’un des échecs de l’initiative marocaine serait le boycott du premier round du dialogue par le Congrès général national libyen», estime-t-il.
Selon lui, ce qui exacerbe la situation «c’est bel et bien la propagation du terrorisme en raison de l’absence d’une armée régulière, du coup d’Etat perpétré par le général Haftar ainsi que l’intervention étrangère dans les questions qui ne concernent que les Libyens ».
«L’Algérie salue toute initiative qui respecte l’intérêt de la Libye, son intégrité territoriale, la préservation de la paix dans ce pays ainsi que celle de toute la région», a souligné de son côté Ahmed Mizab, président de la Commission algéro-africaine pour la paix et la réconciliation.
«Le Maroc n’a pas un poids diplomatique dans la région et en Afrique», estime Mizab, ajoutant que «certes, le Maroc est une partie de la région du Maghreb arabe mais il est isolé politiquement, et le refus le Congrès général national libyen de se rendre au Maroc signifie l’échec du dialogue que Rabat veuille abriter».
Interrogé sur l’éventuelle pression franco-américaine pour que Rabat joue un rôle dans la résolution du conflit libyen, notre interlocuteur a dit: «Effectivement, la France veut que le Maroc soit impliqué dans la résolution de la crise libyenne, compte tenu du rapprochement retrouvé entre les deux pays, mais Rabat semble avoir grillé toutes ses cartes diplomatiques. Quant aux États-Unis, ils partagent l’avis de l’Algérie, et pour preuve leur refus d’une intervention militaire en Libye lors d’une réunion du Conseil de sécurité ».