Affaire Tibhirine: la visite de Trévidic à Alger de nouveau reportée
Le juge antiterroriste et avocat des familles des sept moines de Tibhirine,Marc Trévidic, a annulé sa mission d’expertise qu’il devait mener ce samedi à Alger. Une décision justifiée par la non-réception d’une invitation officielle d’Alger.
L’Agence France Presse citant de sources proches du dossier a relayé que le juge antiterroriste Marc Trévidic a dû une nouvelle fois renoncer à se rendre en Algérie pour mener des expertises dans l’enquête sur l’assassinat des moines de Tibhirine en 1996, avec des experts et d’autres magistrats. Cette visite était prévue à partir de samedi, mais le juge n’a finalement pas reçu d’invitation officielle d’Alger. Ce dernier devrait se rendre en Algérie pour autopsier les crânes et tenter de déterminer enfin les circonstances dans lesquelles ont été perpétrés les crimes barbares.
Le juge devait se rendre sur place pour pouvoir procéder à l’exhumation des têtes des sept moines cisterciens assassinés en 1996 dans l’espoir de faire progresser l’enquête. Le rapt avait été revendiqué par le GIA (Groupe islamique armé), mais l’enquête s’est aussi orientée vers une possible bavure de l’armée algérienne. Les deux magistrats chargés du dossier, Marc Trévidic et Nathalie Poux, avaient adressé une commission rogatoire internationale pour se rendre en Algérie dès fin 2011. Ils demandaient à faire exhumer et autopsier les têtes des moines et à entendre vingt-deux témoins.
A Paris, le porte-parole du Quai D’Orsay, Romain Nadal, a dévoilé, -en réponse à des questions concernant le report de la visite du magistrat français à Alger- que la dernière visite de ce dernier en Algérie tenue le mois de novembre écoulé s’est déroulé d’une manière positive : « Paris œuvre toujours à mettre en exergue les circonstances dramatiques ayant conduit à l’élimination des moines qualifiés « d’hommes de paix ».
Par ailleurs, le déplacement officiel du ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, dans une semaine à Alger pourrait lever les derniers verrous et permettre l’obtention des précieux visas susceptibles de relancer une instruction qui s’enlise depuis des mois. Pour certains observateurs, il s’agit d’une «dernière chance».