Alger, Doha et Riad pour un secrétariat général de la Ligue Arabe tournant
Le président de la commission des affaires étrangères à l’APN a affirmé que toutes les conditions se prêtent pour imposer le principe d’un secrétariat général tournant au sein de la Ligue Arabe. Abdelhamid Si Afif a souligné que les rapports de force ont changé et que l’Égypte ne dispose plus du monopole sur cette organisation. Il y a aujourd’hui d’autres pays qui montent dans la région arabe, à l’instar du Qatar qui a déjà abrité un sommet extraordinaire, l’Arabie Saoudite et l’Algérie. L’introduction de réformes régissant la Ligue Arabe, y compris la demande introduite par l’Algérie d’instaurer le principe d’un secrétaire général tournant, est largement soutenue par les pays arabes, indique Si Afif.
- Dans une déclaration à Echorouk, le président de la commission des affaires étrangères à l’APN répond au chef de la diplomatie égyptienne Ahmed Abou Al Gheit qui soutenait dans de récents propos que l’Égypte devait conserver le secrétariat général de la Ligue. «Les déclarations d’Abou Al Gheit ou d’une quelconque partie égyptienne n’implique que leurs auteurs quels qu’ils soient. Ce qui reste du mandat d’Amr Moussa à la tête du secrétariat général est suffisant pour que du nouveau intervienne en conséquence d’un travail collectif pour lequel œuvrent, depuis un moment, des forces politiques qui ont émergé dans la région arabe», déclare notre interlocuteur. Pour lui, ces forces mettront un terme au monopole du Caire qui prétend être le centre de la région alors qu’il n’est plus un secret que l’Égypte a perdu son prestige et qu’aujourd’hui, elle est tenue de remettre le bilan de son mandat à la tête du Secrétariat général de la Ligue.
- Abdelhamid Si Afif s’attend à ce que le sommet de Tripoli qui s’ouvre ce jeudi au niveau ministériel constitue un tournant majeur pour la Ligue Arabe. Cette session préparera la mise en œuvre d’une plateforme d’entente arabe relative au principe d’un secrétariat arabe. Notre interlocuteur évoque un certain nombre d’Etats qui soutiennent la proposition de l’Algérie, comme le Qatar, l’Arabie Saoudite et autres “déçus” de la manière dont l’Égypte traite les questions arabes, particulièrement la question brûlante de la Palestine ainsi que le conflit au Darfour. La position de la Libye, elle également, abonde dans le sens de la proposition algérienne, puisque le Guide de la révolution libyenne appelle à la révision des méthodes de gestion de la Ligue et ses structures.
- Le député ne manque pas, par ailleurs, de rappeler les efforts de l’Algérie pour la réforme de l’organisation arabe, et même si Alger avait abandonné la requête du principe de l’alternance au poste de secrétaire général, sa proposition était restée sur la table grâce à l’adhésion d’un certain nombre d’Etats.