Algérie/Libye : pas de contacts avec les rebelles avant le départ de l'Otan
Le Conseil ministériel qui eu lieu il y a deux semaines et qui a été présidé par le Premier ministre, Ahmed Ouyahia en présence de la majorité des ministres algériens, s’est soldé par la prise de deux décisions importantes concernant les relations algéro-libyennes. La première concerne l’attribution d’aides humanitaires au peuple libyen. La deuxième décision est politique, elle porte sur l’intensification des activités diplomatiques de l’Algérie au sein des institutions de l’Union africaine (UA) pour tenter de trouver une solution pacifique au conflit libyen.
L’Algérie a décidé d’autre part de ne pas travailler avec les rebelles à condition que l’Otan quitte la Libye et après l’arrêt des hostilités et de la violence contre les civiles. Une source gouvernementale a révélé à Echorouk que le Conseil ministériel qui a eu lieu il y a deux semaines et qui a été présidé par le Premier ministre a passé au peigne fin les relations algéro-libyennes. A l’issue de ce Conseil, deux principales décisions ont été prises. La première humanitaire et concerne l’attribution d’aides au peuple libyen. À ce propos, le gouvernement autorisera aux associations d’offrir des aides aux civils libyens qui ont beaucoup souffert et qui souffrent encore de la guerre qui oppose le régime libyen et les rebelles.
Dans ce contexte, le Conseil des ministres a précisé que ces aides seront attribuées à tous les civils libyens sans exception. S’agissant de l’aspect diplomatique et l’avenir des relations entre les deux pays, notre source nous a expliqué que l’Algérie est toujours attachée à sa position officielle, à savoir la non ingérence dans les affaires intérieures des autres pays. Toutefois, elle a décidé d’intensifier ses activités au sein de l’Union africaine afin de trouver une solution pacifique à la crise libyenne. A ce propos, le Premier ministre Ahmed Ouyahia, a demandé au ministre des Affaires étrangères, Mourad Medelci de coordonner les actions avec Remdan Lamamra, le délégué de la paix et de la sécurité au sein de l’UA afin de trouver des solutions pacifiques au conflit libyen.
Pour rappel, l’Algérie a dénoncé la violence en Libye dès le début, en adoptant «une position de principe», celle de ne pas interférer tout en rejetant «toute ingérence étrangère dans les affaires d’un pays frère». «L’Algérie demeure attachée à sa position de principe s’agissant d’une affaire interne à la Libye, et n’a pas à se mettre du côté des Libyens à Benghazi ou à Tripoli », a déclaré récemment Medelci dans un entretien accordé à Echorouk. «L’Algérie a toujours soutenu la volonté des peuples, partant du principe de non-ingérence dans les affaires intérieures d’autrui, d’autant plus lorsqu’il s’agit d’un pays frère et voisin.», avait-t-il ajouté. Le ministre avait, en outre, persisté à dire que «la crise dans ce pays doit être réglée loin des vues étriquées qui ont permis jusque-là au conseil transitoire libyen de semer la confusion et de dénaturer la réalité», réaffirmant que seule l’Union africaine (UA) est en mesure de pouvoir négocier avec les deux parties en Libye».