Algérie : Un nouveau parti islamiste souhaite le report des législatives
Abdallah Djaballah, certain d'obtenir l'agrément des autorités pour lancer un nouveau parti en Algérie, a souhaité lundi le report des élections législatives, prévues en mai, pour permettre aux nouvelles formations de se préparer au scrutin.
“Le temps reste très limité devant des partis comme le nôtre. Nous avons besoin d’agrément pour pouvoir fonctionner alors que les autres partis sont, depuis longtemps, en plein préparatifs pour cette échéance. Nous souhaitons que ce rendez-vous soit reporté de un à deux mois”, a déclaré M. Djaballah, lors d’une conférence de presse à Alger.
De nouveaux partis, dont plusieurs islamistes, devraient être agréés en vertu des réformes menées sous l’égide du président Abdelaziz Bouteflika pour couper court à toute contagion du Printemps arabe en Algérie.
M. Djaballah a précisé que sa formation, le Front pour la justice et le développement (FJD), souhaitait obtenir, dans les “plus brefs délais”, l’autorisation d’organiser son congrès constitutif, initialement prévu samedi à Alger.
“Nous souhaitons obtenir, aujourd’hui ou demain, cette autorisation. Dans le cas contraire, nous serons obligés de reporter le congrès constitutif à une date ultérieure”, a-t-il précisé.
Les nouvelles formations ne peuvent convoquer de congrès ni faire campagne sans avoir été préalablement autorisés.M. Djaballah avait été candidat à l’élection présidentielle en 1999 et en 2004, remportées par l’actuel chef d’Etat Abdelaziz Boutefas.
Suite à des différends avec ses partisans, M. Djeballah avait quitté en 2000 la formation qu’il avait fondée au début des années 1990, le Mouvement Ennahda. Il avait ensuite créé El Islah (réforme) qu’il a également quitté en raison d’un conflit interne.
Il a estimé qu’une “large participation” aux législatives dépendrait notamment de “la tenue des engagements pris par le pouvoir en vue d’ouvrir le champ politique et médiatique devant tout le monde et sur le même pied d’égalité”.
M. Bouteflika avait annoncé le 18 décembre que ces élections seraient ouvertes aux observateurs étrangers pour garantir leur transparence, car l’opposition dénonce systématiquement des fraudes en faveur des partis au pouvoir depuis l’instauration du multipartisme en 1989.