Ali Yahia Abdennour à Echorouk : « Ould Kablia n’est qu’un exécuteur d’ordres.. et Bouteflika doit sortir de son mutisme »
Le président d’honneur de la ligue algérienne de la défense des droits de l’homme Ali Yahia Abdennour a répondu avec un ton virulent aux déclarations, concernant l’interdiction des marches à Alger, faites par le ministre de l’Intérieur et des collectivités locales Dahou Ould Kablia.
-
Ainsi, Me Ali Yahia Abdenour a affirmé que Ould Kablia n’est qu’un « exécuteur d’ordres » qu’il occupe actuellement, demandant à Bouteflika de sortir de son mutisme et d’afficher une position claire de l’interdiction des marches dans la capitale.
Me Ali Yahia Abdenour a insisté, dans la rencontre qu’il a eue avec Echorouk dans son domicile sis à Alger, sur « la nécessité de s’accrocher à la revendication de la levée de l’état d’urgences », qui, selon lui, est devenue « une source à tous les dépassements et violations, dont les citoyens en sont victimes sur tout le territoire national. » Me Ali Yahia a ajouté que « les autorités a délibérément imposé cette situation pour une durée dépassant les 19 ans », et de poursuivre que « cet état ne dépasse pas 10 jours dans des pays qui se respectent. »
Le même interlocuteur a déclaré que « L’Etat se critique lui-même, et transgresse sa constitution avec ses lois. Au moment où quelques parties ont justifié l’interdiction des marches au niveau de la capitale par la situation sécuritaire, d’autres parties sont sorties pour dire que l’ère du terrorisme est passée. »
Dans le même sillage, Ali Yahia Abdenour a affirmé : « Il y a un vrai divorce entre le système et le peuple », et donc il est temps « d’envoyer ce système à la retraite et d’établir un autre système libre, démocratique et équitable, à condition que ce changement soit fait de manières pacifique ». Et pour cause, selon lui, il a été décidé « d’organiser une marche populaire pacifique pour revendiquer la levée de l’état d’urgence, libérer toutes les personnes arrêtées durant les dernières manifestations, ouvrir le champ aux libertés politiques et médiatiques ainsi qu’aux libertés collectives et individuelles et à l’indépendance de la justice. » Ali Yahia Abdenour a, pour étayer ses propos fait usage d’une citation de Victor Hugo « libérez la liberté et la liberté fera le reste », et d’ajouter que « la révolution n’appartient pas à ceux qui l’ont déclenchée, mais à celui qui la poursuivra. »
Le président d’honneur de la « LADDH » a appelé le gouvernement à « ne pas faire du 12 février prochain une journée de génocide », expliquant que « les vraies raisons qui ont poussé les jeunes à investir la rue reviennent aux canaux de communication qu’ils n’ont pas trouvé pour exprimer leur mécontentement, en plus de la déception qu’ils vivent. » L’interlocuteur a indiqué que « l’organisation n’a aucune couverture politique ou associative définie, et nous n’acceptons pas cela parce que c’est une marche populaire et pacifique menée par des jeunes, des femmes et des hommes algériens. » dans ce cadre, Ali Yahia Abdennour a indiqué que « le peuple algérien n’oublie pas et ne pardonne pas », comme quoi ils n’oublient pas les années qui ont ébranlé le pays et les citoyens, d’une part, et qu’ils ne badinent pas avec ceux qui violent leurs droits, d’autre part.
Quant à la dernière marche organisée par le parti de Saïd Sadi (RCD), Ali Yahia Abdennour a indiqué que « les services de sécurité n’ont pas utilisé la violence, bien au contraire ils nous ont très bien accompagné.