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Analystes et académiciens décryptent la victoire écrasante de Bouteflika

الشروق أونلاين
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Echoroukonline
Abdelaziz Bouteflika, président réélu pour un 4e mandat

Analystes politiques et académiciens évoquent deux facteurs ayant permis au président sortant, Abdelaziz Bouteflika, de briguer un quatrième mandat. Une partie estime que la victoire de Bouteflika revient à «sa personnalité et la machine électorale qui l’a entouré», d’autres trouvent qu’il est le résultat de «la peur évoquée au cours de la dernière semaine précédant l’élection».

Dans sa lecture des élections présidentielles, Abdelali Rezagui, l’analyste politique a dit que le président candidat, Bouteflika ne s’est pas levé pour glisser son bulletin dans l’urne, contrairement à la réception du secrétaire d’Etat américain et le ministre des Affaires étrangères espagnol au cours de laquelle il s’est levé pour serrer la main à ses hôtes.

En outre, Abdelali Rezagui a évoqué un phénomène de «régionalisme» qui a caractérisé la joute électorale indiquant que «la région de l’ouest du pays a connu un taux de participation élevé, et un recul dans la région de l’est du pays. Ce qui attire mon attention, c’est de savoir si la wilaya de Batna a réellement voté en force pour le candidat de la région -Ali Benflis- elle qui est connue pour son soutien à Bouteflika», analyse-t-il.

Rezagui a également jugé illogique le taux de participation en Kabylie (Bouira, Tizi Ouzou et Béjaïa), ce qui nourrit ses doutes en matière de participation à ce scrutin qui s’est élevé de 50% entre 10h et 13h et entre 60 et 70% de 13h à 17h.  

Dans une déclaration à Echorouk, l’ex-leader du FFS, Mohand Arezki Ferrad a évoqué « les phénomènes de fraude » utilisés en faveur de la victoire de Bouteflika aux élections, et ce depuis « la campagne électorale anticipée, et l’utilisation des institutions de l’Etat, dont le gouvernement, les assemblées élues et les chaînes publiques au profit de Bouteflika et la faillite du Conseil constitutionnel  dans ses responsabilités.

Par ailleurs, Arezki Ferrad parle d’autres mécanismes ayant permis au président sortant de remporter la présidentielle c’est « la superstition politique », « Il y a en Algérie une superstition politique qui adore un individu et réduit l’Etat à un individu, est la le résultat de la pauvreté politique que connaît l’Algérie ».   

Contrairement à Rezagui et Ferrad, l’universitaire Mohamed Lagab dit que Bouteflika était réélu pour les cinq prochaines années grâce à l’appui des grands partis et organisations de masse, en citant le FLN et la Centrale syndicale. «Depuis le début, les poids n’étaient pas équitables car les puissants partis ont choisi le camp de Bouteflika, en plus des organisations de masse et le patronat dont chacun connaît l’importance de l’argent», estime Lagab.

«Bouteflika est entré en lice avec un bilan positif», juge l’enseignant universitaire ajoutant que «la conscience politique des Algériens l’a emporté en misant sur la stabilité après avoir entendu les propos de la peur».

« D’après les échos et les interviews que j’ai faites avec des citoyens en apercevant Bouteflika sur une chaise roulante, il me paraît que le peuple a manifesté une sympathie à l’égard de Bouteflika », estime de son côté l’ex-membre du Conseil constitutionnel, Amar Rekhila.

 

Selon lui, une pensée persiste en Algérie, selon laquelle le fait de voter pour le candidat que soutienne le FLN est une sorte de « fidélité à la Révolution et à la patrie ». 

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