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Après Ben Ali et Moubarak, Kadhafi tombe aussi, mais par les armes

الشروق أونلاين
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D'abord dépassés face au printemps arabe en Tunisie et en Egypte, les Occidentaux ont entrepris avec succès de chasser du pouvoir en Libye Mouammar Kadhafi, grâce à une puissance militaire qui s'est aussi illustrée dans l'élimination d'Oussama Ben Laden.

La mort vendredi, dans des circonstances troubles, du colonel Kadhafi et la  chute de Syrte, son dernier bastion, mettent un point final à 42 ans de règne  sans partage sur la Libye, après huit mois de soulèvement populaire.

“Pour la région, les événements d’aujourd’hui prouvent une fois de plus que  les régimes à poigne finissent toujours par disparaître. Dans tout le monde  arabe, des habitants se sont levés pour réclamer leurs droits. Les jeunes  rejettent avec force la dictature”, a jugé vendredi le président américain  Barack Obama.

L’attitude de l’Occident lors de la chute de Kadhafi, ancien “ennemi public  numéro un” dans les années 80-90 devenu un partenaire apprécié face aux  islamistes et contre l’immigration illégale, contraste pourtant avec celle  observée quelques mois plus tôt dans deux pays voisins, la Tunisie et l’Egypte.

Régime musclé, corruption massive, élections truquées: la Libye avait  beaucoup en commun avec l’Egypte et la Tunisie.

Mais dans le cas de la Tunisie la communauté internationale  –la France,  ancienne puissance tutélaire, en tête– s’est bien gardée de lâcher Zine El  Abidine Ben Ali jusqu’à son renversement le 14 janvier après 23 ans de pouvoir  autoritaire par un soulèvement populaire.

En Egypte, les Occidentaux avaient ajusté leur stratégie, privant quelques  jours plus tard de leur soutien Hosni Moubarak, dirigeant longtemps respectable et respecté à leurs yeux, tombé le 11 février après 29 ans de pouvoir.

Jusque-là, Européens et Américains avaient été les spectateurs de  bouleversements qu’ils n’avaient pas prévus. A cet égard, la crise libyenne et  l’utilisation de la force militaire ont représenté un tournant, opéré par la  France et la Grande-Bretagne.

Le 19 mars, des avions occidentaux bombardent les forces libyennes qui  s’apprêtent à investir Benghazi, épicentre de la révolte, en application d’une  résolution des Nations unies appelant à protéger la population civile.

Les frappes aériennes ont ensuite accompagné la progression des forces  rebelles, jusqu’à la mort de Kadhafi, dont la mise à l’écart du pouvoir est  rapidement devenu un but de guerre pour les Occidentaux.

En déclin économique, Européens et Américains ont conservé une suprématie  militaire grâce à l’Otan que, depuis la chute de l’URSS, nul ne peut leur  contester. Ils gardent ainsi une capacité d’action considérable dans le monde,  sans succès garanti, comme on le voit en Afghanistan – même si la mort du  leader emblématique d’al-Qaïda Oussama Ben Laden, abattu début mai par un  commando américain au Pakistan, permet de sauver les apparences.

En Côte d’Ivoire aussi, une puissance occidentale, la France, appuyée sur  un mandat de l’ONU, est intervenue militairement pour déloger un pouvoir  autoritaire, celui de Laurent Gbagbo. Il s’agissait alors de permettre à son  rival Alassane Ouattara, reconnu comme le président légitime du pays par la communauté internationale, d’accéder au pouvoir.

Russes et Chinois s’opposent en effet à toute action de l’ONU, notamment la  mise en place de sanctions mondiales.

 

 

 

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