Après l'attaque de son ambassade, Berlin envoie un émissaire au Soudan
L’Allemagne a envoyé mercredi un émissaire au Soudan pour évaluer la reconstruction de son ambassade ciblée par des attaques de manifestants la semaine passée, a annoncé le ministère allemand des Affaires étrangères, dans un communiqué.
Guido Westerwelle, ministre allemand des Affaires étrangères, a décidé de dépêcher sur place son directeur des affaires africaines, Egon Kochanke.
“Les questions touchant à la sécurité et à la reconstruction de l’ambassade d’Allemagne ainsi que (…) les relations entre le Soudan et l’Allemagne seront au coeur de cette visite”, a expliqué le ministère.
“Nous attendons (…) des progrès concrets de la part du gouvernement soudanais au sujet de la protection de notre ambassade”, a affirmé M. Westerwelle, cité dans le communiqué.
Le ministère avait annoncé dimanche qu’il avait décidé de réduire les effectifs de sa représentation diplomatique à Karthoum après l’attaque de sa mission par des milliers de manifestants vendredi qui s’est produite dans un contexte de violentes réactions du monde musulman vis-à-vis d’un film anti-islam.
Des effectifs de sécurité supplémentaires ont été envoyés pour participer à la protection de l’ambassade et la reprise de ses activités dépendra de l’évolution de la situation, avait par ailleurs précisé un porte-parole du ministère.
Le ministre a jugé “inacceptable de voir que notre ambassade n’a pas été suffisamment protégée en dépit d’une demande préalable” et dit attendre des autorités soudanaises qu’elles garantissent “pleinement l’intégrité de notre ambassade et la sécurité de nos concitoyens”.
M. Westerwelle a appelé mercredi au calme alors qu’un groupe d’extrême droite allemand a annoncé son intention de diffuser le film anti-islam et qu’un magazine satirique français, Charlie Hebdo, a publié de nouvelles caricatures du prophète Mahomet.
“Je souhaiterais que nous ne jetions pas d’huile sur le feu”, a-t-il déclaré à la télévision publique ZDF, ajoutant que les libertés d’expression et de presse étaient respectées en Europe, “mais pas sans restriction”.