Attentat de Marrakech : la bombe actionnée à distance
Le Maroc soupçonne notamment des émules d’Al Qaïda dans l’attentat de jeudi à Marrakech qui a fait 15 tués, dont six Français, et la police disposait vendredi d’un portrait-robot d’un possible auteur.
Dans la grande ville touristique marocaine, l’émotion était forte au lendemain de l’attaque la plus meurtrière depuis les attentats islamistes de mai 2003 à Casablanca, mais les visiteurs étrangers n’ont pas cédé à la panique. Selon les derniers bilans officiels, 15 personnes ont été tuées, dont 12 étrangers, et une vingtaine blessées dans l’explosion qui a soufflé le café Argana, sur la place Jamâa El-Fna, haut lieu du tourisme à Marrakech, à 350 km au sud de Rabat. Paris a confirmé qu’au moins six Français étaient au nombre des tués, et au moins sept parmi les blessés. Vendredi matin, une source gouvernementale française indiquait qu’«au moins six Français» ont été tués et dix ont été blessés jeudi dans l’attentat. Les autorités françaises ont également envoyé au Maroc une équipe de huit policiers pour participer à l’enquête. L’attentat a été provoqué par un engin explosif déclenché à distance, a indiqué le ministre de l’Intérieur, Taïeb Cherkaoui, au Parlement, vendredi: «les premières enquêtes ont montré qu’un produit explosif composé du nitrate d’ammonium ainsi que deux explosifs péroxyde d’acétone (TATP), en plus de clous et l’explosion a été déclenchée à distance», a-t-il précisé.
L’attentat n’a pas été revendiqué, et les enquêteurs ont procédé à des interrogatoires de témoins notamment deux touristes néerlandais qui ont décrit un homme suspect qu’ils ont croisé dans le café Argana. Les témoignages de John Van Leeuwen et Marjolein Appel ont permis d’établir un portrait-robot, et les deux touristes ont été conduits à la morgue mais n’y ont pas reconnu parmi les victimes l’homme croisé dans le café. Dans une déclaration, le ministre marocain de la communication Khalid Naciri, à stigmatisé «un acte terroriste». «Le Maroc est confronté aux mêmes menaces qu’en mai 2003 et il y fera face avec la diligence et volontarisme», a-t-il ajouté. «Toutes les pistes sont à explorer, y compris celle d’Al-Qaïda, et les investigations continuent», a déclaré Khalid Naciri.