Bachar al-Assad nie avoir ordonné de tuer des manifestants
Le président syrien Bachar al-Assad a nié avoir donné l’ordre de tuer des manifestants, affirmant que seul «un fou» ferait cela, dans un entretien accordé à la chaîne de télévision américaine ABC News diffusé mercredi.
«On ne tue pas sa population… aucun gouvernement dans le monde ne tue son propre peuple, à moins d’être mené par un fou», a déclaré le président syrien au cours de l’entretien.
Concédant toutefois que des membres des forces armées avaient pu aller trop loin, il a poursuivi : «Toute réaction violente a été le fait d’un individu, et non pas d’une institution». «Il y a une différence entre une répression politique délibérée et quelques erreurs commises par certains responsables. Il y a une grande différence», a-t-il ajouté.
«Il n’y a pas eu d’ordre demandant de tuer ou d’être violent», a-t-il affirmé.
Interrogé sur le bilan avancé par l’ONU de 4 000 morts dans la répression des manifestants qui secouent le pays depuis neuf mois, Bachar al-Assad a répondu : «Qui a dit que l’ONU était une institution crédible?».
Le président syrien a par ailleurs assuré que «la plupart des personnes tuées» dans les heurts étaient «des partisans du régime, et non l’inverse», citant le chiffre de 1 100 soldats et policiers morts.
Interrogé sur les sanctions prises à l’encontre de la Syrie pour faire pression sur son régime, Bachar al-Assad en a minimisé la portée : «Nous sommes visés par des sanctions depuis trente, trente-cinq ans. Ce n’est pas quelque chose de nouveau», a-t-il jugé.
«Nous ne sommes pas isolés. Les gens vont et viennent, il y a des échanges commerciaux, vous avez tout ce que vous voulez», a-t-il déclaré.