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Belani: «La France méprise la légalité internationale au Sahara occidental»

الشروق أونلاين
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D.R
Amar Belani, ambassadeur d’Algérie en Belgique

«La position de la France exprimée dans une note aux parlementaires européens sur l’arrêt de la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) au sujet de l’accord commercial UE-Maroc est un mépris pour la légalité internationale», a déclaré mercredi l’ambassadeur d’Algérie en Belgique et auprès de l’UE, Amar Belani.

«Le gouvernement de ce pays (France),  traditionnellement discret dans son soutien au Maroc dans son occupation  illégale du territoire du Sahara occidental, a indiqué Amar Balani lors d’une interview accordée au magazine français Afrique Asie, vient d’abattre ses cartes en  affichant ostensiblement son mépris pour la légalité internationale et sa  lecture biaisée de la décision adoptée par la plus haute juridiction  européenne».

Dans une note expédiée 48 heures plus tôt aux parlementaires européens, la France a estimé que la décision de la Cour de justice de l’Union européenne ouvre une « période d’insécurité juridique qui pourrait être préjudiciable aux opérateurs économiques», sachant que la CJUE avait interdit -dans son jugement du 21 décembre 2016- l’importation de produits issus de l’exploitation illégale des ressources naturelles du Sahara occidental.

De l’avis du chef de la mission diplomatique algérienne en Belgique, «la réunion de lundi à Bruxelles a offert un spectacle  désolant et révélé au grand jour les calculs politiciens auxquels  s’adonnent, en particulier, un pays membre permanent du Conseil de sécurité  (France) et certains cercles au sein de la Commission européenne pour  contourner le droit international et sceller le sort du Sahara occidental  dans le sens illicite voulu par le Maroc».

Selon l’APS citant Belani: «La note française, par-delà son caractère directif et  des éléments de position erronés  qu’il articule, il administre la preuve  d’un parti-pris flagrant de ce gouvernement en faveur du Maroc, allant  jusqu’à dénaturer la décision de la justice européenne qui a pourtant  clairement établi le caractère distinct et séparé garanti au territoire du  Sahara occidental conformément au droit international».

Le diplomate algérien a indiqué par ailleurs que le document -truffé d’assertions biaisées et contrevérités- réduit  l’exercice auquel s’attelle actuellement la Commission européenne, en lien  avec le Maroc, à une simple clarification technique demandée par la Cour de  justice européenne pour poursuivre la mise en œuvre de l’Accord agricole, comme si aucune action en justice n’avait été intentée, ajoutant que « la réplique vaseuse donnée par les  représentants de la Commission européenne et du Service diplomatique de  l’UE lors du débat au parlement européen, outre qu’elle n’a convaincu  personne, contredit l’esprit et la lettre de l’arrêt de la Cour de justice  de l’UE».

L’ancien porte-parole du ministère des Affaires étrangères n’a pas manqué de déplorer le fait que l’Union européenne, «si prompte  à critiquer les  autres pays sur leur bilan en matière de droits de l’Homme et à s’ériger en  espace respectueux de l’État de droit et de la légalité internationale,  fasse  prévaloir les intérêts étroits de certains de ses États  membres (France, Espagne, etc.) sur le droit international et la promotion de la  paix».

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