Belkhadem à Echorouk : « Le ministre français est mal poli »
L’action indécente commise par l’ancien ministre français de la défense, a soulevé une intense vague de colère en Algérie. Plusieurs politiciens, historiens et révolutionnaires ont condamné d’une voix vive, un tel acte, tout en illustrant un manque de modestie et une vide arrogance du passé colonial haineux.
Le secrétaire général du FLN, Abdelaziz Belkhadem,a vivement condamné la bassesse de l’ancien ministre de la défense française, Gérard Longuet, ainsi le député du rassemblement bleu marine, Gilbert Collard, pendant le générique de fin d’une émission de public sénat. Longuet a assumé franchement un bras d’honneur, en réponse à une question sur la demande du gouvernement algérien exigeant une reconnaissance franche des crimes perpétrés à l’encontre des algériens, par le colonialisme français.
« Le ministre français manque d’éducation et d’éthique, sinon il n’aurait jamais osé faire un geste abominable devant les caméras », a avancé Mr Belkhadem, tout en soulignant que la politique est une éthique.
Pour sa part, le secrétaire général de l’Organisation nationale des Moudjahidines, Saïd Abbadou,a estimé que ,la bassesse des deux responsables français, ne reflète guère l’Etat français, tout en révélant que l’Algérie acceptera les excuses s’ils reconnaissent pleinement leurs crimes coloniaux de 1945 jusqu’à 1962.
« François Hollande est toujours le bienvenu en Algérie », a t-il estimé, en espérant que sa prochaine visite se soldera d’une excuse officielle.
Pour Lakhdar Benkhellaf, porte-parole du Front pour la justice et la démocratie , “ces réactions sont honteuses et sont une véritable insulte jetée à la face du peuple algérien. Les Français doivent savoir que nous ne nous contenterons pas de la reconnaissance partielle des massacres d’Octobre 1961 faite par le président Hollande”, affirme-t-il.
Zohra Drif, combattante de la Libération et vice-présidente du Sénat, dénonce le “mépris” français: “J’ai toujours affirmé que la France coloniale était ce qu’il y avait de plus hideux”.
Le président de la Fondation du 8 Mai 1945 (date de massacres d’Algériens à Sétif), Abdelhamid Salakdji, prévient que “la France a intérêt à accepter de faire acte de repentance avant qu’il ne soit trop tard”, sinon elle ne pourra pas “avoir de relations apaisées avec l’Algérie”.