Belkhadem à Saâdani: «Je suis un militant discipliné»
Abdelaziz Belkhadem s’est dédouané de toute responsabilité de ce qui se prépare au sein du Front de libération nationale (FLN) pour destituer l’actuel secrétaire général du parti, Amar Saâdani qui entend barrer la route à ses adversaires, surtout Abderrahmane Belayat et ce en les excluant de la session du Comité central prévue pour le 23 juin prochain.
Echorouk a appris d’une source bien informée qu’Abdelaziz Belkhadem a eu une communication téléphonique avec son rival Amar Saâdani, à qui il aurait dit qu’ «il est un militant discipliné au sein du vieux parti et n’a rien contre lui et n’est derrière aucun mouvement contre lui», selon notre source. « Je suis pour la légitimité », lui a dit Belkhadem, d’après notre source.
Par ailleurs, la commission de discipline du FLN devrait se réunir vendredi pour se pencher sur les cas d’Abderrahmane Belayat, Kassa Aïssi, Layachi Dadouaâ, Amar Tou, Brahim Boulahia, Boualem Djaâfar et Malika Yarfaaâ, tous accusés de « déviation de la ligne politique du parti ».
« Les membres convoqués devant la commission de discipline risquent, selon notre source, le gel de leur adhésion et l’interdiction de prendre part à la réunion du CC convoquée pour le 23 juin prochain », comme ce fut le cas du temps d’Abdelaziz Belkhadem, où l’adhésion des deux anciens ministres El Hadi Khaldi et Mohamed Seghir Kara a été gelée comme ils étaient empêchés d’accéder à l’hôtel Riadh de Sidi Fredj qui a abrité les travaux de la session du Comité central de l’ex-parti unique.
De par cette démarche, le secrétaire général du FLN veut que la situation soit « apaisée » en prévision de la prochaine session du CC, avec un seul point à l’ordre du jour, à savoir la constitution des commissions en charge de préparation du 10e congrès du parti, prévu l’an prochain.
Quant à Abderrahmane Belayat, qui se considère toujours comme étant le coordinateur du Bureau politique du parti, semble ne pas afficher aucun intérêt tant à la démarche entreprise par la commission de discipline qu’à celle d’Amar Saâdani, qui a arrêté la date de la tenue de la session du CC. Sur ce sujet, Belayat a déclaré à Echorouk que Saâdani « est en fuite en avant en faisant peur à certains et tentant de séduire d’autres en leur promettant des postes de responsabilité à l’avenir ». « Il vend également des illusions aux membres du CC en leur faisant croire que la prochaine Constitution donnera le droit au parti d’être à la tête du gouvernement, d’obtenir les 2/3 des membres du staff gouvernemental. C’est pourquoi il leur répète que se positionner du côté de Belayat devrait lui faire gâcher l’occasion de devenir ministre, du moins d’occuper un poste de responsabilité – tel chef de cabinet ou secrétaire général- d’un ministère », explique-t-il.
Quant à la tenue de la session du CC, notre interlocuteur a dit que « je suis seul habilité en vertu de la loi de convoquer la tenue de la session du Comité central et la demande que nous avons formulée est toujours en vigueur », estime-t-il.