Benflis: «La vacance du pouvoir est une vérité… pas besoin de l’avis d'experts étrangers»
La déclaration du président français, François Hollande, sur l’état de santé du président Bouteflika n’a pas laissé indifférent Ali Benflis.
«La vacance du pouvoir est une vérité… nous n’avons pas besoin de l’avis des experts étrangers pour le confirmer», c’est ce qu’a déclaré Ali Benflis en guise de réaction aux assurances de Hollande, quant à l’état de santé de Bouteflika.
Lors de sa première conférence, donnée au lendemain de la tenue du congrès constitutif de son parti, Talaiou El Houriyet, Benflis a expliqué que la vacance du pouvoir est une question interne et qu’il n’accordait pas beaucoup d’intérêt aux déclarations protocolaires ainsi qu’aux communiqués occasionnels.
L’ancien chef du gouvernement a dit également que la vacance du pouvoir dure depuis longtemps, ajoutant que le chef de l’Etat ne s’est plus adressé au peuple depuis son discours prononcé à Sétif le 8 mai 2012, au point qu’il est devenu l’un de ses célèbres discours d’autant plus qu’il contient cette expression « djili tab djenanou ».
Par ailleurs, il a indiqué que le conseil des ministres ne s’est tenu que quatre fois l’année dernière, alors que dans le reste des pays du monde il se tient chaque mois presque.
A ses yeux, la vacance du pouvoir a affecté toutes les institutions et les administrations publiques, du fait que le président s’est approprié tous les pouvoirs à la faveur de la révision de la Constitution en 2008. Ainsi, le chef du gouvernement est devenu Premier ministre, depuis c’est «un chef qui ne gère plus rien et un gouvernement qui ne gouverne plus rien».
Pour lui, le pouvoir est géré par un trio composé de « l’argent sale, les partisans du système et les proches de la famille au pouvoir », ajoutant que ceux qui se sont accaparés les centres de décision donnent l’impression à l’opinion publique qu’ils sont en train d’imposer leurs propres solutions à la crise du pouvoir.
Interrogé sur la lettre adressée par Gaïd Salah à Amar Saâdani, il a dit que le rôle de l’armée est bien défini dans la Constitution, tel qu’il est mentionnée à l’article 254.
A ce propos précisément, il a indiqué que l’armée a joué pleinement son rôle, estimant que celle-ci pourrait être « le garant et le soutien » de la charte de la transition démocratique en la protégeant du parti pris de l’administration et la fraude…
Par ailleurs, il n’a pas jugé utile de répondre aux déclarations de Saâdani en disant que « nous ne répondons pas à ceux qui nous critiquent, car nous aurions aimé qu’on nous confronte avec des idées, propositions, solutions et projets politiques, ce qu’ils n’ont pas fait ».
Dans le même sillage, il s’est montré critique à l’égard de ceux qui qualifient sa nouvelle formation politique de FLN-bis, et affirmé avoir déposé une demande d’agrément auprès du ministère de l’Intérieur et une réponse lui parviendra dans un délai de 60 jours.