Benghebrit aux contractuels: «Vous avez été recrutés par favoritisme !»
La ministre de l’Education nationale, Nouria Benghebrit, a une novelle fois tiré à boulets rouges sur les enseignants contractuels, toujours en grève de la faim à Boudouaou, et les a accusés d’avoir obtenu leurs postes par favoritisme et autres voies qu’elle juge illégales.
S’exprimant en marge d’une conférence de presse tenue lundi au siège de son département, la ministre Nouria Benghebrit a reconnu une part de responsabilité dans la crise qui ébranle actuellement le secteur le plus sensible.
Pour elle, les directeurs d’éducation et les directeurs des établissements scolaires assument une importante part de responsabilité dans cette crise actuelle en raison du recrutement des contractuels qui selon elle n’obéissait pas à des règles juridiques.
Pour remédier à cette situation, Benghebrit a souligné la formation d’un groupe de travail qui veillera au respect des lois régissant le secteur, avant de s’attaquer aux contractuels qu’elle accuse d’avoir décroché leurs postes de « manière illégale».
Se voulant rassurante, l’oratrice a promis que toutes les conditions soient réunies pour que le concours se déroule en toute transparence et à ce que le principe d’égalités des chances soit préservé.
En revanche, elle a exclu toute possibilité de faire davantage de concessions autres que celles décidées auparavant, ajoutant qu’elle ne cèdera pas à la pression et au chantage des contestataires, tout en appelant à la non-instrumentalisation politique de cette crise et préserver la stabilité de l’école algérienne.
« Dans le passé, on réclamait la promotion sans condition, puis l’intégration et peut-être à l’avenir on exigera de salaire sans condition», ironise-t-elle.
En outre, elle s’est demandé si les travailleurs contractuels relevant des corps communs vont eux-aussi réclamer l’intégration sans condition.
Défendant les propositions du gouvernement et celles de son département, Benghebrit a noté que les contractuels ont gâché les chances qui leur ont été suggérées et refusé de se soumettre à la loi, ajoutant que la justice exige le respect des lois qui les protègent et le ministère.
« Si vous voulez travailler sans vous soumettre aux lois de la République, vous n’avez donc qu’à les changer par le biais du parlement et non par la rue et des voies détournées», s’adresse-t-elle aux contestataires.
Se sentant réconfortée par le soutien, selon elle, de huit syndicats d’éducation et des associations des parentes d’élèves, elle a préconisé une trêve pour le bien de l’école et des élèves.
« Les examens nationaux sont à nos portes d’où il faut une stabilité dans ce genre de situations pour préserver l’intérêt général et l’état d’esprit de deux millions de candidats aux épreuves décisives. Nous n’avons privé personne. Nous avons tout fait et réussi à régler toutes les questions en suspens », poursuit-elle.
« L’image donnée par les protestataires n’honore ni l’enseignant, ni le ministère, non plus l’élève. Le secteur a tant besoin de discipline et les enseignants doivent faire montre de sagesse en guise de respect pour leur rôle en tant qu’éducateurs et d’acteurs de la société », soutient-elle.