Benhadj: “La levée d'interdiction de voyage est tardive”
Les anciens leaders du FIS-dissous sont unanimes à juger que la décision de la levée d’interdiction de voyage au profit de certaines personnes est arrivée tardivement, affirmant n’être destinataires d’aucune notification.
« La procédure entre dans le cadre d’approfondissement du processus de la réconciliation nationale », a indiqué Merouane Azzi, président de la cellule d’assistance judiciaire pour l’application de la Charte pour la paix et la réconciliation nationale.
Dans une déclaration à Echorouk, l’ex-numéro 2 du FIS-dissous, Ali Benhadj a indiqué que les autorités ne les ont pas informés sur cette mesure, estimant qu’elle est tardive de trois mandats et qu’il n’accordait aucun intérêt à ces questions. Pour lui, la levée d’interdiction de sortie de territoire national doit arriver au second plan après la levée de l’interdiction sur le FIS-dissous.
Par ailleurs, Benhadj a précisé n’avoir reçu aucune notification des autorités du pays et n’a appris la nouvelle que via la presse. Toutefois, il redoute la sincérité de la décision et que la restitution des passeports ne peut se faire que sur décision de la justice et des juges d’instruction et la justice n’est pas indépendante. Le numéro 2 du FIS ajoute que sa première destination, une fois son passeport lui sera restitué, ce seront les Lieux saints de l’Islam pour accomplir le Hadj.
Boukhemkhem: la décision est tardive et vise à donner des assurances
L’ancien cadre dirigeant du FIS, Abdelkader Boukhemkhem estime que la décision est tardive, jugeant que les mesures étaient attentatoires à leur égard et que certains demeurent sous contrôle judiciaire, y compris lors de leurs déplacements sur le territoire national.
Joint au téléphone par la rédaction, Boukhemkhem estime que le pouvoir compte donner des garanties à l’opinion publique comme quoi il y aurait de choses positives lors du quatrième mandat après la dernière pièce théâtrale, en faisant allusion aux élections présidentielles du 17 avril dernier.
A propos de la levée l’interdiction de sortie du territoire national au profit de certaines personnes, notre interlocuteur nous a confié n’avoir reçu aucune notification des autorités, souhaitant que cela ne se répète pas à l’avenir. « Je souhaite accomplir les rites du Hadj et de la Omra et me rendre dans les Lieux saints », ajoute-t-il.
De son côté, Merouane Azzi, président de la cellule d’assistance judiciaire pour l’application de la Charte pour la paix et la réconciliation nationale a indiqué que les bénéficiaires de la levée par les autorités de l’interdiction de sortie du territoire national au profit de certaines personnes sont ceux ayant bénéficié des dispositions de la concorde civile et la réconciliation nationale, dont les terroristes repentis ayant vu leurs passeports saisis.
Merouane Azzi a expliqué que sur décision des juges d’instruction et des chambres d’accusation qu’il a été décidé la saisie des passeports des personnes concernées, et qu’ils leur seront restitués.