Benjamin Stora rafraîchit la mémoire de Boualem Sensal!
L’Historien français Benjamin Stora a déclaré que les propos tenus par Boualem Sensal, au sujet des frontières de l’ouest d’Algérie, sont de nature à « blesser le sentiment national [algérien] ».
Benjamin Stora –spécialiste de l’Histoire d’Algérie- s’est exprimé sur le plateau de C Politique, sur France 5.
« Par rapport à ce qu’explique Boualem Sensal sur la question de l’ouest algérien, il y a deux faits historiques qu’il a oubliés: la première c’est que dans l’Ouest algérien, c’est l’Émir Abdelkader qui a levé l’étendard contre la France. C’est le héros national en Algérie. Émir Abdelkader qui est de Mascara. Il [Sensal, ndlr] tente dire que c’est rien! C’est quand même extraordinaire », a réagi Benjamin Stora.
« Celui qui a créé le Mouvement algérien […] s’appelle Messali El Hadj. Il est né à Tlemcen, à la frontière avec le Maroc. C’est lui qui va porter l’idée nationale algérienne, et on nous dit que ce n’est pas important…C ’est un petit bout de l’Histoire qui ne représente rien! Imaginer ce que ça représente pour les Algériens. Ce n’est pas possible », a-t-il fait remarquer.
« Ce sont des choses historiquement qui blessent le sentiment national », a affirmé celui qui est chargé par le président français de mener les discussions sur la question de la Mémoire, côté français.
Le politologue Nedjib Sidi Moussa, auteur du livre Histoire algérienne de la France, qui a vivement critiqué le positionnement idéologique de Boualem Sensal: «Il y a quelque chose qui me gêne beaucoup dans cette affaire […]: il se trouve que Boualem Sensal alimente depuis quelques années un discours hostile à l’égard des immigrés, des musulmans, et reprend tous les thèmes d’Éric Zemmour. C’est quand même choquant».
«Quand je vois que des militants des Droits de l’homme, des militants antiracistes, des intellectuels du milieu culturel parisien, le présentent comme un homme des lumières, qui défend les grandes causes, je suis désolé mais ils se trompent complètement. Ou alors ils sont aveugles, ou alors ils sont complices», a renchéri Nedjib Sidi Moussa.