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Bernard Emié: “La France n’a connu la réalité du terrorisme qu’après les attentats contre Charlie Hebdo”

الشروق أونلاين
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D.R
Bernard Emié, ambassadeur de France à Alger

L’ambassadeur de France en Algérie, Bernard Emié, a avoué que son pays ne connaissait pas la réalité du terrorisme auquel l’Algérie avait fait face durant les années 90, en l’occurrence les journalistes, et qu’il ne s’est rendu compte de la violence terroriste qu’après les attentats contre les locaux de Charlie Hebdo.

Lors de son allocution prononcée en marge d’une cérémonie organisée en l’honneur des journalistes algériens ayant suivi une formation dans le cadre du programme «Tahar Djaout», Bernard Emié s’est adressé à l’assistance: «Je comprends très bien les Algériens qui m’ont parlé à plusieurs reprises et auraient reproché à la France et au reste du monde le fait de ne pas être aux côtés des Algériens et des journalistes tués par les terroristes durant les année 90, et se demandent pourquoi ils n’avaient pas soutenu l’Algérie comme c’est le cas avec Charlie Hebdo le 11 janvier dernier». «Ils ont raison. Nous n’avions sans doute pas alors pleinement pris conscience de ce qu’était la violence terroriste.», a-t-il souligné ajoutant que «ce n’est que progressivement  que nous (la France) avons compris qu’il s’agit d’un combat commun, combat sans frontière contre la barbarie terroriste et pour la liberté». Pour lui, il est temps de lutter contre le terrorisme et défendre la liberté d’expression quelque soit la religion ou le pays.

Le diplomate français a salué le combat des journalistes algériens ayant payé un lourd tribut durant les années 90, où 120 professionnels de la presse ont été assassinés par les terroristes contre lesquels l’Algérie avait mené un combat toute seule.

« Au lendemain des attentats de Paris, nous avons dit « Nous sommes Charlie », mais nous pouvons, nous devons dire aussi, en mémoire de vos confrères algériens, de ces journalistes assassinés: « Nous sommes Tahar Djaout », a-t-il déclaré.

Par ailleurs, il a rappelé les deux autres algériens tués lors de l’attaque contre le journal satirique « Charlie Hebdo », à savoir Mustapha Ouared, correcteur dudit journal et le policier Ahmed Merabet.

En outre, il a indiqué qu’aussi bien l’Islam que les musulmans n’ont rien à voir avec les actes barbares perpétrés par les extrémistes, chose qu’avait confirmée François Hollande qui a dit que la guerre était déclarée contre le terrorisme et non pas contre la religion musulmane.

S’agissant des accusations portées contre la France quant à la montée d’actes racistes à l’égard des musulmans et la politique deux poids, deux mesures concernant la liberté d’expression, l’ambassadeur de France à Alger a dit :« Il y a ceux qui disent nous ne sommes pas Charlie Hebdo, comme il y a ceux qui disent nous ne sommes pas Tahar Djaout », ajoutant que la liberté d’expression n’autorise guère de glorifier les actes de terrorisme et l’assassinat de journalistes. « Nous ne pouvons pas justifier le fait de brûler le drapeau français dans les rues d’Alger », a-t-il souligné ajoutant que « la marche du 11 janvier se veut un message pour condamner la violence à l’égard des journalistes, et peut être considérée comme révolte contre l’assassinat de Tahar Djaout, qui est comme les 17 journalistes français victimes du terrorisme barbare ». 

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