Blanquer s’oppose à l’”excuse” de son pays pour son passé colonial
Au moment où le travail sur les questions inhérentes au passé colonial se fait dans la sérénité, la dernière sortie du ministre français de l’éducation Jean-Michel Blanquer devrait remettre en surface une des causes à l’origine de la tension qui a caractérisé les relations bilatérales entre l’Algérie et la France.
Invité sur le plateau de la chaîne de télévision française BFMTV, le ministre français de l’éducation s’est opposé à l’idée de voir son pays présenter des excuses à l’Algérie pour son passé colonial et ses crimes commis tout au long de 132 ans d’occupation.
Cette déclaration du ministre français de l’éducation intervient quelques mois après l’annonce des deux chefs de l’Etat, Abdelmadjid Tebboune et Emmanuel Macron d’un chantier se rapportant à la question de la mémoire en confiant respectivement cette tâche à Abdelmadjid Chikhi, côté algérien, et à Benjamin Stora, côté français.
C’est dire ô combien les deux présidents tiennent à ce que ce dossier soit clos définitivement.
Ce ministre français -qui a refusé de parler d’ « excuse » mais de « repentance »- a estimé que « la question n’est pas d’avoir un jugement moralisateur sur le passé, la question est d’avoir un jugement d’historiens puis de faire justice à toutes les mémoires ».
Ainsi, il a réclamé que justice soit faite à « la mémoire des pieds-noirs » et « la mémoire des harkis…».
Au sujet de la mémoire, les politiques français insistent sur l’utilisation du mot « repentance » au lieu et place d’ « excuse » de la France pour ses crimes perpétrés en Algérie pendant la période coloniale.
« Je pense que si on fait de la repentance plus plus on a de l’intégration moins moins », a estimé Blanker qui semble défavorable à toute démarche d’excuse en laissant entendre qu’ « On ne cherche pas toutes les cinq minutes à s’excuser de tout ».
Le fait d’évoquer de nouveau une question aussi sensible renseigne de l’existence d’une résistance en France face à la volonté du locataire de l’Elysée d’apaiser la tension entre les deux pays.
Benjamin Stora s’est dit choqué par la non-implication des politiques français dans la mission qui lui a été confiée et les obstacles entravant son travail, notamment en abordant des questions jugées sensibles à savoir les pieds-noirs et les harkis.
Mohamed Meslem / Traduit par: Moussa. K.