Bouteflika s’apprête à réviser la Constitution !
Le dernier message, adressé par le chef de l’Etat à l’occasion du 53e anniversaire de la Fête de la Victoire, a considérablement agité la scène politique, en l’occurrence l’opposition qui s’est empressée de réagir.
Selon certaines sources, le président de la République, Abdelaziz Bouteflika, aurait finalement tranché la question du chantier de la révision constitutionnelle, qui est resté en suspens, depuis son annonce à l’occasion de son fameux discours prononcé en avril 2011, dans un contexte marqué par la vague du « printemps arabe » qui aurait pu emporter le pays sur son passage.
Craignant un éventuel désintéressement des citoyens en cas de sa soumission au référendum, le chef de l’Etat aurait prôné au final la voie parlementaire pour la révision de la Loi fondamentale, prévue dans la deuxième quinzaine du mois d’avril prochain, d’après les mêmes sources.
Une option non fortuite, bien entendu, car Bouteflika savait d’avance qu’aucune proposition de loi ne soit opposée et que le projet de révision constitutionnelle passera comme une lettre à la poste, compte tenu des sièges que compte chacune des formations qui le soutiennent, à savoir le FLN, le RND, les Indépendants et TAJ.
Le président Bouteflika aurait fini, après quatre longues années d’attente, par constater qu’il lui serait difficile de tenir ses promesses au sujet d’une Constitution consensuelle, sachant que l’opposition a décliné l’invitation d’Ahmed Ouyahia pour prendre part aux consultations sur la révision constitutionnelle qu’il a conduites dernièrement.
En revanche, les partis de l’opposition affirment que le pouvoir assume seul l’échec du projet de Constitution consensuelle, car les propositions faites par l’opposition à l’occasion des consultations menées par Abdelkader Bensalah, Mohamed Ali Boughazi et le général à la retraite, Mohamed Touati, sont sur le bureau de la présidence de la République.
En vérité, la révision de la Constitution, qui semble peser lourdement sur le pouvoir en raison de la polémique accumulée durant ces quatre années d’attente (2011-2015), exige du pouvoir en place d’en finir avec le dossier pour se pencher sur tant d’autres non moins importants et urgents.