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Chafiq Mesbah au forum de Echorouk: Zeroual l’unique successeur, l’armée seule garante

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Chafiq Mesbah au forum de Echorouk: Zeroual l’unique successeur, l’armée seule garante
Bachir Zemri
Chafiq Mesbah au forum de Echorouk

L’ancien officier des services de renseignements, Chafiq Mesbah révèle dans cette interview les motivations qui l’ont poussé à porter le choix sur le général à la retraite, Lyamine Zeroual pour diriger les affaires du pays dans une période de transition. Chafiq Mesbah a met ainsi l’accent sur le rôle vital que devrait jouer l’institution militaire, à savoir le rôle de garant lors du processus de transition démocratique comme ce fut le cas en Espagne et au Portugal.

L’institution militaire comme premier garant d’une transition démocratique, Seul Zeroual apte de préserver la dignité de Bouteflika:

L’ex-officier des services de renseignement  réitéré à nouveau son appel à l’ancien président de la République, Lyamine Zeroual pour gérer la période de transition ne dépassant pas les deux années, en affirmant que ce dernier est seul susceptible de gérer les affaires du pays dans cette période tout en préservant la dignité du président en cas de son départ.

A la question de savoir pourquoi il insiste sur la personne de Zeroual  pour gérer l’après-Bouteflika, en dépit de son refus de revenir sur la scène politique, il a dit: « Il n’est pas possible d’influer politiquement sur Zeroual pour revenir sur la scène politique, mais plutôt sur le côté moral et éthique en lui prouvant que c’était le peuple qui le sollicitait en non pas les institutions ou les responsables ».

Et Chafiq d’ajouter: « Je ne suis pas si sûr qu’il accepte, mais je suis certain qu’il accorderait un grand intérêt à cette question si on le sollicitait de la manière dont je viens de vous la citer. »

Quant à son évocation du nom de l’ex-chef de l’Etat, il a expliqué que cela émane de sa crainte quant à la stabilité du pays en affirmant: « Je suis persuadé que préparer des élections anticipées seraient favorables aussi bien au président qu’au pays et que les opportunistes du cercle présidentiel veulent le maintien du statu quo ».

S’adressant aux hauts dirigeants du pays, Chafiq Mesbah a indiqué: « Regardez ce qui se passe en Turquie et au Brésil en dépit de leur succès au plan économique et la légitimité de leurs institutions. Il ne suffit pas, en effet, de distribuer la rente pétrolière, nous avons plutôt besoin de répondre aux préoccupations de la population qui ne passe pas forcément par la distribution de la rente pétrolière car elle est liée essentiellement au système de gouvernance en place. »  

Par ailleurs, il a tenu à clarifier sa vision d’une période de transition en insistant sur la personne de Zeroual qui, à ses yeux, devrait être le candidat de consensus et qui devrait être soutenu par le peuple, les institutions, les partis politiques, y compris par les éventuels candidats à la prochaine échéance de 2014, à savoir Mouloud Hamrouche, Ali Ben Flis, Ahmed Benbitour et Abderrazak Makri.

A mon sens,  ces personnages devraient soutenir Zeroual pour mettre en place un groupe à même de gérer la période de transition pour une durée de deux années au plus tard, en attendant l’organisation de nouvelles élections. A ce moment-là, chacun décidera de son sort, et celui qui sera choisi par la volonté du peuple sera le bienvenu », a-t-il estimé.

 Et Chafiq d’enchaîner: « Dans cette période de transition, il faudrait se mettre d’accord sur une charte politique nationale réunissant l’ensemble des parties tout en mettant en place une assemblée constituante qui aura pour mission de réviser la Constitution et traiter les affaires en suspens, à commencer par celles ayant trait à la corruption, dont l’entourage du président était impliqué car, selon lui, il serait inadmissible de classer si simple le dossier de Chakib Khelil. »  

« D’une part, Lyamine Zeroual devrait s’engager à ne pas prendre les commandes du pays que pour une période de deux années. Il serait préférable, d’autre part, que le gouvernement compte dans ses rangs de jeunes experts nationaux jouissant de compétence et de savoir. C’est ça ma vision globale sur ce sujet », a-t-il ajouté.

« …Il n’est pas à écarter le rôle que pourrait jouer l’institution militaire comme garant d’une transition démocratique, dont les exemples sont multiples. Je cite comme exemple, le cas de Portugal et d’Espagne où l’institution militaire a joué un rôle important dans le changement démocratique, et c’est ce que je souhaite ainsi pour notre pays », a-t-il tenu à expliquer.

En outre, il voit dans la personne de Zeroual, un homme jouissant de l’estime et du respect de l’armée capable de convaincre les acteurs de l’institution militaire et sécuritaire pour contribuer à un changement démocratique pour marquer une nouvelle ère de la vie de la Nation. Pendant cette période, il restera, pour ainsi dire, de figures de l’ancien régime et des barrons de l’économie, qui constituent  une sérieuse menace contre le bon déroulement du processus démocratique. L’entourage du cercle présidentiel pourrait procéder à la politique de terre brûlée, d’où il fallait se méfier d’eux.»

« Les pays étrangers, surtout les occidentaux, ils ne se soucient que de leurs intérêts en Algérie », a-t-il fait savoir.

Le régime a montré les images de Bouteflika comme étant un guignol

Quant à la publication par la télévision algérienne des premières images de Bouteflika depuis son hospitalisation à Val-de-Grâce en France, l’ancien officier des services secrets estime que ce premier est montré à l’opinion publique comme étant un guignol.

Toutefois, il refuse de s’étaler sur la maladie de Bouteflika qu’il juge une affaire qui concerne en premier lieu le président lui-même et sa famille. Cependant, il n’exclut pas la possibilité de la traiter sur le plan politique et examiner son absence vis-à-vis des affaires de l’Etat.

« La situation est délicate. Il faut trouver une solution pour éviter au pays de dégâts prévisibles », a-t-il insisté.

S’agissant des images du président diffusées sur la télévision officielle, Mesbah a dit: « Les images du président telles qu’elles sont diffusées sur la télévision ne me rassurent guère. Il est d’ailleurs regrettable de montrer le président dans un tel état comme étant un guignol, bien que l’intention était de montrer à l’opinion publique qu’il était toujours en vie.»

Dans le même sillage, il appelle les décideurs à respecter sa dignité et appelle les institutions militaire et sécuritaire à ne pas participer à ce qu’il qualifie de mise en scène, « Il faut respecter le président et ne pas publier ses images dans un tel état car, à mon avis, c’est la réputation du pays qui serait  entaché. »

Quant au choix d’un nouveau président, Mesbah estime que Bouteflika n’aurait aucun rôle à jouer à ce sujet, sauf en cas de création d’un poste de vice-président. Mais il n’écarte pas toutefois de voir le cercle présidentiel user de toutes ses cartes pour imposer ses choix.

De plus, il a remis en question la crédibilité des deux chambres du Parlement en expliquant: « Ni l’APN, ni le Sénat n’a la totale légitimité de traiter des grandes affaires du pays », en ajoutant: « Avec tout le respect que je dois à Bensalah et Ould Khelifa, je trouve que ni l’un ni l’autre ne pourra dire qu’il représente le peuple car les deux chambres ne sont élues qu’à 20% des électeurs », a-t-il également souligné.  

Mohamed Chafiq Mesbah est revenu lors de cette interview sur la décennie noire en se focalisant sur la relation entre le pouvoir politique et l’institution militaire en expliquant que cette dernière était gérée par le pouvoir politique, mais au temps du Haut Comité d’Etat, cette institution était passée d’un simple appareil à un acteur  capital dans le jeu politique.

Quant à un éventuel coup d’Etat de la part de cet appareil, Mesbah n’envisage guère un tel scénario eu égard à « la nouvelle composante de ladite institution, la situation interne du pays ainsi que la conjoncture régionale et internationale ».

Belkhadem serait contré par l’armée

En évoquant des noms cités un moment donné comme éventuels candidats à succéder à Bouteflika, Mesbah a qualifié l’ex-Premier ministre, Ahmed Ouyahia d’un « brillant élève », lui qui a pu se maintenir au sein des gouvernements qui se sont succédé, mais«politiquement fini».

« Ouyahia s’est maintenu au pouvoir pour une période qui n’était pas courte parce qu’il acceptait de travailler sous n’importe quelle condition. D’ailleurs, il a su comment gérer le régime sur le plan interne ».

Quant à une éventuelle candidature d’Ouyahia pour la prochaine présidentielle de 2014, notre interlocuteur estime que le peuple ne lui donnerait pas sa voix, comme il écarte l’hypothèse de le voir porté au pouvoir par l’armée, car selon lui, ce temps est révolu.

Quant à son rival, Abdelaziz Belkhadem, Chafiq a dit: « Abdelaziz Belkhadem ne remporterait les élections s’il  se représentait à la prochaine échéance. Je crois qu’il serait contré par l’armée et je n’envisage pas que les partis islamistes le soutiennent ».

S’agissant du bilan de l’ex-parti unique, Chafiq Mesbah le qualifie de « catastrophique ». « C’est une réelle catastrophe, je ne parle pas de lui personnellement. Si la situation persistait au sein du FLN, ce parti finirait par disparaître tôt ou tard. »

Au sujet de vacance qu connaît le leadership des deux partis au pouvoir depuis plus de 6 mois, il estime: « Les leaders de ces deux partis sont liés au régime. Si ce dernier ne donnait pas d’instruction, la crise persisterait au sein des deux formations ».

Et d’ajouter: « Makri s’était rendu compte de la dangerosité d’être dépendant du régime. Le meilleur positionnement de chaque parti est d’être indépendant de toute partie, et  c’est plutôt lui qui gère le régime et non le contraire ».  

 

 

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Commentaires
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  • Halima ben Tifour

    Mr Mesbah,les Algeriens ,enfin la majorite ecrasante n est pas dupe
    ils ont bien une bonne memoire,leur histoire ne les echappe pas,et
    vous disent: plus jamais de militaires a la tete du pouvoir en Algerie.
    pour la simple raison que nous voulons instaurer une veritable democratie respectant toutes les valeurs de la republique et toutes les libertes fondamentales.Notre armee nationale sera une armee professionnelle dotee de toutes les techniques modernes pour defendre le pays des aleas externes.

  • amirouche Taous

    Il est tout a fait clair que les militaires ne doivent s immiscer en aucun cas de la politique du pays,l Algerie a besoin d un pouvoir civil fort ,choisi par le peuple,seul souverain.En cas de vacances a la
    tete de l Etat,il faut respecter les termes de la constitution.
    Mr.Mesbah presente son choix personnel,c est son affaire,il oublie
    que l Algerie et les Algeriens ont bien appri de leur histoire contemporaine,l ere des designations est depassee,seul le peuple
    choisira librement ses elus.