Classe politique: “Que Benghebrit fasse des concessions ou qu’elle démissionne !”
La classe politique a décidé finalement de rompre son silence au sujet du bras de fer qui persiste entre Benghebrit et les syndicats, en appelant la première à démissionner, pour sauver l’année scolaire, du fait que les revendications brandies par les grévistes la dépassent et qu’elles relèvent de la présidence de la République et du Premier ministère.
Par contre, elle a lancé un appel « urgent » au Cnapeste pour faire preuve de sagesse et arrêter la grève qui entre dans sa cinquième semaine consécutive.
Tout le monde s’accorde à dire que la responsabilité n’est point de «s’asseoir sur un siège et donner des instructions» mais plutôt c’est d’apporter une sorte d’adoucissement au dialogue en vue d’éviter tout «entêtement».
Nacer Hamdadouche, chargé de communication à l’AAV, estime lui que le débrayage qui se poursuit pour la cinquième semaine est une preuve patente de l’incapacité de la ministre de l’Education d’assumer ses fonctions, qu’il appelle à présenter sa démission s’il s’avère qu’elle soit impuissante d’assumer ses responsabilités envers les enseignants et les élèves.
Hamdadouche a indiqué également que sa famille politique avait demandé la rencontre du «Cnapeste» ,pour prendre des décisions devant satisfaire tout le monde, mais le syndicat a décliné l’invitation sous prétexte d’éviter la politisation de ses revendications.
Aussi a-t-il affirmé que le parti cherchait à soutenir les revendications légitimes des syndicalistes, soulignant un vide politique et institutionnel, que tout le monde fuit ses responsabilités, ce qui pousse au pourrissement de la situation, au sein d’un secteur jugé si sensible, comme l’éducation.
Par ailleurs, il n’a pas écarté l’hypothèse d’une «manœuvre malicieuse» visant à détruire l’enseignement public et ouvrir grand la porte à la privatisation du secteur, en qualifiant de «destructrices» les réformes entreprises dans le secteur, et pour preuve son instabilité depuis plus de 10 ans.
Le président du Fejr El Jadid, Tahar Benaïbèche a affirmé que les doléances des grévistes dépassaient les prorogatives de la ministre de l’Education qui ont besoin des «décrets exécutifs».
Et d’enchaîner: «L’opposition ne peut rien mais où se situe le gouvernement d’autant plus que les questions ne relèvent pas du ressort de Benghebrit ?».
Le chef du parti de Fejr El Jadid a interpellé le Premier ministre à intervenir en urgence pour satisfaire les revendications légitimes des grévistes le plus tôt possible.
Nouara Saâdi-Djaâfar, porte-parole du RND, a indiqué, quant à elle, qu’il ne fallait pas que la grève persiste vu qu’elle nuit à l’intérêt de nos enfants et compromet leur avenir.
Elle a entre autres lancé appel, au nom de son parti, au Cnapeste lui demandant de faire montre de sagesse, d’arrêter la grève et de prôner la voie du dialogue pour résoudre les problèmes, car d’après elle il ne s’agit pas d’une question de logement ou d’une fonction mais plutôt de l’avenir de toute une nation.
Et d’enchaîner que ces élèves sont les nôtres, que la tutelle a satisfait de nombreuses revendications des enseignants, qu’elle s’engage à présent à examiner les dossiers en suspens et que la situation sociale de l’enseignant a beaucoup évolué.
« La responsabilité n’est pas de s’asseoir sur un siège et donner des instructions, mais il faut plutôt du respect pour un dialogue permanent afin d’éviter tout entêtement», a dit de son côté Saïd Bouhadja, chargé de communication au FLN.