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Criminalisation du colonialisme en Algérie : l’ONM salue le soutien d’Erdogan

الشروق أونلاين
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L’ Organisation nationale des moudjahidine (ONM) salue la position du Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, qui soutient les revendications algériennes, notamment la criminalisation du colonialisme français en Algérie. « Nous avons besoin du soutien international pour ramener la France à reconnaître ses crimes en Algérie, s’excuser et payer des compensations », a déclaré le secrétaire général de l’ONM, Saïd Abadou, lors d’une interview accordée à Echorouk.

Echorouk : le XIe Congrès de l’ONM a coïncidé cette année avec la célébration du 50e anniversaire du cessez-le-feu, ceci est-il programmé ou c’est juste une coïncidence ?

 Saïd Abadou : le XIe Congrès de l’ONM devait avoir lieu à la fin de l’année 2011. Mais le Secrétariat national a proposé de tenir le congrès dans des circonstances «normales» vu que vers la fin de l’année 2011 notre pays a connu une vague de froid, de pluie et de neige. Ces conditions climatiques défavorables auraient pu empêcher les déplacements des moudjahidine qui sont des personnes âgées. C’est ainsi que nous avons décidé de tenir ce congrès au printemps qui coïncide avec la célébration du 19-Mars. Nous en tant que moudjahidine considérons que le 19-Mars comme la date de l’Indépendance de notre pays.

 Echorouk : certains écrits et certaines analyses portant sur les relations algéro-françaises parlent de l’existence des articles secrets dans les accords d’ Evian, ces thèses sont-elles fondées ?

 Saïd Abadou : il n’y a pas d’articles secrets dans les accords d’Evian, et il ne pourrait y en avoir. La délégation qui a mené les négociations ne pouvait pas faire une chose pareille vu qu’elle avait des contacts réguliers et constants avec le Gouvernement provisoire de la République algérienne (GPRA). Il y avait une institution qui a supervisé le cessez-le-feu jusqu’à l’annonce de l’indépendance de l’Algérie. Des frères ayant fait partie de la délégation qui a mené les négociations sont encore en vie et peuvent confirmer ce que je dis.

 Echorouk : alors que la France a promulgué une loi glorifiant le colonialisme en Algérie et une autre visant à pénaliser la diffamation et l’injure envers les harkis, l’Algérie est incapable de promulguer une loi criminalisant les pratiques criminelles de la France en Algérie. Trouvez-vous cela logique 50 ans après l’indépendance de l’Algérie ?

 Saïd Abadou : la position des responsables algériens est à la hauteur. La France voulait signer un traité d’amitié avec l’Algérie pour protéger ses intérêts, mais cela n’a pas eu lieu. Ceci est un coup dur pour la partie française qui désirait signer ce traité.

 Echorouk : certes cela est vrai, mais l’Algérie n’arrive pas à promulguer une loi criminalisant le colonialisme.

Saïd Abadou : le projet de loi criminalisant le colonialisme français en Algérie est momentanément suspendu. Toutefois, ce projet doit être adopté. Nous comptons beaucoup sur le prochain Parlement pour l’adoption de ce projet. Si l’actuel Parlement n’est pas à la hauteur, notamment en ce qui concerne ce projet de loi, nous souhaitons que le prochain soit à la hauteur afin qu’il adopte cette loi.

 Echorouk : la récente réaction du Premier ministre, Ahmed Ouyahia, aux propos du Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, sur la colonisation française a été condamnée par le classe politique et par la majorité des Algériens. Qu’en pensez-vous ?

 Saïd Abadou : je ne veux pas répliquer aux déclarations d’un responsable d’un parti politique parce que nous sommes dans une « bataille » électorale. Notre position est claire. Nous saluons la position du Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, qui soutient les revendications algériennes, notamment la criminalisation du colonialisme français en Algérie. Nous avons besoin de ce soutien international. Les Français ont beaucoup bénéficié du soutien international pour se débarrasser du colonialisme nazi, de criminaliser le nazisme et pour juger ses symboles. Malheureusement, l’Algérie n’a pas eu ce soutien international de la part même des pays arabes, musulmans et africains ayant souffert du colonialisme. Pour cela, nous disons que nous avons besoin du soutien international pour que la France présente des excuses et paye des indemnisations.

 

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